
En ce mercredi 1er février 2012, Conakry, la capitale guinéenne, est à l’image de l’actualité sportive. Le match décisif que s’apprête à livrer la bande à Kamille Zayatte contre les Blacks stars du Ghana ne passe pas inaperçu. Les petits drapeaux flottant au-dessus de tous les taxis permettent de le comprendre aisément. Les grandes animations au son des chansons vantant les mérites de l’équipe nationale, dans les différents carrefours l’attestent également. Le maillot du Syli quasiment transformé en uniforme national est aussi un signe qui ne trompe pas. Même dans la haute administration, on s’empresse d’expédier les affaires pour retrouver les domiciles afin de vivre la rencontre à la maison.
Le Syli, c’est aussi l’objet exclusif des causeries. C’est le ferment de l’unité nationale, au-delà des particularismes ethniques, politiques et même d’âge. C’est ainsi que dans la brillante prestation de l’équipe nationale, certains nostalgiques de la glorieuse épopée du Hafia football club auront spontanément vibré. En témoignent les propos de ce sexagénaire rencontré dans le quartier Koloma selon lequel « il n’y a aucun doute, la Guinée battra le Ghana ». Il en est d’autant plus convaincu qu’il affirme sans équivoque « cette équipe du Syli est la meilleure qu’il m’a été donné de voir depuis des lustres ». Le hic c’est que le fanatique supporter qu’il en oublit jusqu’au nom d’Ismaël Bangoura. La dame d’à côté dont les connaissances en matière de football ne sont guère meilleures ne peut que donner des indications du genre « celui qui avait les tresses, il ne faudra pas que l’entraineur l’aligne ».
Pour sa part, Bijou Camara, gérante dans un restaurant de la place, aborant un maillot du Syli, éprouve un optimisme teinté d’une légère inquiétude. Selon elle, « la bataille sera âpre, mais nous gagnerons ». Car pour elle, « il faut reconnaître au Ghana toutes ses qualités ». Ceci étant, elle persiste « Nous gagnerons », avant de conclure « et c’est l’essentiel!». Fatimatou Barry, cogérante du cyber Econet, qui est loin d’être une mordue du cuir rond, souhaite plus qu’elle ne pense à une victoire du Syli national. « Si l’équipe, on va fêter la victoire comme cela se doit » affirme-t-elle. Mais si elle perd, « ce sera la tristesse dans les foyers ».
Ainsi à travers le Syli national, on assiste à une expression plus manifeste de la fibre patriotique. Pour le moment, positifs, les Guinéens ne veulent envisager que l’issue par la victoire. Avec en arrière-garde, une certaine peur et de l’appréhension qui découlent du caractère incertain de tout pronostic. Mais paradoxalement, cette peur même est l’indice de l’amour que les Guinéens attachent à leur pays via le football que pratique le Syli.
Alors, bonne chance au Syli pour que continue cette ambiance de cohésion et de communion pour laquelle tant de prières ont été formulées.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















