GBAGBO A LA HAYE : Le procès d’un passé composé

Procès ouvert comme prévu, et, comme attendu par tous les connaisseurs, les deux accusés ont plaidé ‘’non coupable !’’. L’ex-président de la Côte d’Ivoire et son ‘’général de la rue’’, ancien leader des ‘’Jeunes patriotes’’, accusés de « meurtres, viols, actes inhumains et persécutions » par le bureau de la procureure Bensouda, au cours de la crise post-électorale de 2010-2011. Ils seront restés fidèles à leurs images.

Tandis que dehors, des jeunes militants manifestaient avec véhémence pour qu’on libère Laurent Koudou Gbagbo et Charles Blé Goudé, dans la salle, Cuno Jako Tarkusser, un juge italien, avertissait fermement à l’ouverture de l’audience : «Ce n’est pas un procès à la Côte d’Ivoire ou même au peuple ivoirien mais à deux personnes accusées de crimes par le bureau du procureur» 

Mais sans sourciller, Blé Goudé et son mentor Gbagbo, d’une voix grave pour le premier et fluette pour le second, ont tour à tour plaidé ‘’non coupable !’’. Des affirmations qui n’ont point désarçonné la procureure Bensouda qui commencera à dérouler le tapis de ses 5300 preuves. Elle enfonce le clou de son argumentaire juridique et l’ancien président ivoirien est sa cible. Elle développe : « Lorsqu’il a compris que la présidence allait lui échapper, Laurent Gbagbo, en concertation avec des membres d’un cercle privés de proches, a commencé à mener une campagne de violences orchestrées contre ceux considérés comme ses opposants.» 

L’audience d’hier ressemblait à l’introduction d’une gigantesque pièce judiciaire qui va se jouer sur trois ou quatre ans, si Dieu prête vie à ses différents acteurs. Il y aura certainement des moments vibrants, des plaidoiries pathétiques, des suspicions de justice à géométrie variable, dont un plateau de la balance semble pencher inexorablement vers les vainqueurs. Des moments, où l’ombre d’Alassane Ouattara, malgré la contestation des siens, planera de toute évidence. 

A toutes ces occasions, l’on pourra vérifier si les propos de la procureure de la Cour Pénale Internationale Fatou Bensouda seront véridiques, quand elle affirme : «Nous enquêtons sur les deux côtés du conflit, mais cela prend du temps et nous demandons de la patience.». A y voir de près, il s'agit du procès d'un passé composé avec ses violences, ses morts, son chaos. La justice devra retenir cela! 

Maria de Babia pour GCI

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