
En lieu et place de la solution que tout le monde appelle de ses vœux, le Mali semble s’enfoncer de plus en plus dans la crise sécuritaire. Ainsi, alors que les négociations inter-maliennes d’Alger piétinent, on assiste désormais à un déficit de confiance entre la Mission des Nations unies de soutien au Mali (Minusma) et les populations qu’elle est censée défendre.
Une ville paralysée
La situation est d’autant plus gênante pour la mission onusienne, qu’elle est combattue par toutes les parties en conflit. La semaine dernière déjà, il était question d’un accrochage entre elle et une faction des groupes rebelles. Et hier, c’est la population de Gao qui, l’accusant de parti pris implicite en faveur de ces mêmes rebelles, a paralysé la ville, à travers une grosse mobilisation qui s’est soldée par au moins trois morts et de nombreux blessés.
La banalité apparente des raisons invoquées pour justifier cette escalade suffit à rendre compte du caractère volatile et versatile de la situation. Tout serait venu d’un document relatif à la création d’une zone démilitarisée à Tabankort, entre Gao et Kidal. Vu que la zone en question est actuellement sous le contrôle de groupes armés favorables aux autorités maliennes, certains voient dans la création éventuelle de cette zone de sécurité, un soutien déguisé aux troupes rebelles.
D’autres encore invoquent le fait que le document relatif à la création la zone ait été modifié en vue d’y inclure notamment le logo du MNLA. En réalité, toutes ces raisons ne sont que des prétextes qui ne servent qu’à masquer l’agacement de Bamako, face à la lenteur et au retard, que prend le processus de résolution de la crise dans le nord du pays.
Un pays frustré
Ne pouvant user de la puissance leur permettant de dicter la loi aux groupes rebelles, les autorités maliennes en viennent à reporter leurs frustrations sur les soldats onusiens. Elles supportent particulièrement mal l’argument selon lequel ces derniers doivent agir avec impartialité. Du point de vue de Bamako, il n’y a aucune espèce d’équité à faire prévaloir entre un gouvernement légitime et légal et des groupes rebelles, dont certains sont de surcroit de tendance islamiste.
Malheureusement, ce discours n’étant pas soutenu par la puissance économique et militaire qu’il faille, a du mal à prospérer. D’où la résurgence contestataire évolutive à laquelle, on assiste présentement. Une situation larvée, prête à tout moment à exploser. Et les arguments ne manqueront point pour justifier l’injustifiable.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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