GAMBIE : Yaya Jammeh, baraka ou tracas ?

Banjul, la capitale gambienne a vécu la journée d’hier dans une certaine confusion. Une frange, sans doute minoritaire, de l’armée, a voulu profiter de l’absence du président Yaya Jammeh, pour prendre le pouvoir. Malheureusement pour les putschistes, le tout-puissant président de ce petit pays incrusté dans le Sénégal, ne semble pas aussi impopulaire au sein de la grande muette qu’il l’est sur la scène internationale. En conséquence, le mouvement a été vite maîtrisé, et les principaux meneurs tués ou mis aux arrêts. Ce qui ne devrait pourtant pas inciter Yaya Jammeh à jubiler…

L’échec de la tentative de coup d’Etat contre le président gambien est paradoxalement de nature à renforcer le camp de ceux qui le voient comme un dirigeant autoritaire. En effet, il est de la méthode de gestion des dictateurs qu’ils s’appuient essentiellement sur l’armée. Sacrifiant le reste de la population qu’ils privent des moyens de subsistance les plus élémentaires et des libertés les plus fondamentales, ils s’assurent le soutien de l’armée dont ils achètent le dévouement au moyen de privilèges insolents. Ce qui s’est passé hier en Gambie est bien conforme à ce schéma.

Une poignée de militaires, aigris et pensant vouloir capitaliser les critiques que les organismes de défense des droits humains et chancelleries occidentales ne cessent d’émettre à l’encore de Yaya Jammeh, a eu la ‘’folle idée’’ de perpétrer un coup d’Etat. Mais très vite, le gros contingent de l’armée, de la gendarmerie et de la police s’est dressé pour pérenniser un pouvoir qui dure depuis 20 ans. Craignant de se rendre coupable d’une audace suicidaire, les populations de Banjul sont demeurées chez elles, attendant l’issue du bras de fer armé. Elles ne seraient pas mécontentes de voir l’histoire burkinabè se répéter chez elles, mais elles n’osent pas le clamer. Du coup, elles se taisent et se résignent... en attendant !

Quand le président gambien rentrera de son séjour, il pourra parader et mettre en avant la baraka qui lui colle à la peau. A coup, sûr, il frappera à son tour ce qui reste de cet ‘’affront’’ La nature fracassante du personnage privilégie un tel scénario. Cependant, ce serait une erreur de sa part. Parce que ce qui vient de s’y passer est une sorte de coup de semonce qui devrait être compris comme tel.

La tentative de coup d’Etat d’hier laisse croire que la forteresse dans laquelle il croit avoir muselé tous les Gambiens commence à craquer. Certains Gambiens en ont marre de se calfeutrer dans la peur permanente de la répression. Quitte à servir de cobaye, ils exprimeront de plus en plus leur colère et leur désapprobation. Et progressivement, s’inspirant des révoltes populaires qui ont fait partir Blaise Compaoré et qui couvent au Togo, au Bénin, en RDC ou encore au Gabon, la tendance pourrait se généraliser à tout le pays.

En conséquence, le président Yaya Jammeh devrait avoir le triomphe modeste et se concentrer plutôt sur le message que constitue cette tentative avortée de coup d’Etat.  

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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