
Après la grosse frayeur qu’il a eue le 31 décembre dernier, le président gambien entend punir ceux qui ont osé perturber ‘’sa’’ Saint-Sylvestre. Vu que de son séjour émirati, il avait déjà annoncé les couleurs, en ordonnant l’arrestation des principaux meneurs, sa menace n’a rien d’illogique.
Au-delà, Yahya Jammeh n’est certainement pas fait de l’étoffe de ceux qui laisseraient un affront aussi évident, impuni. Pour les commanditaires et les acteurs de ce putsch manqué, l’avenir est d’autant plus sombre qu’ils ne peuvent malheureusement pas compter sur les soutiens qu’ils auraient espérés. Notamment des USA.
Contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les chancelleries occidentales ne semblent pas particulièrement pressées de voir le président gambien débarrasser le plancher. Les premiers qui l’ont appris à leurs dépens sont Papa Faal et Cherno Njie. Résidents tous deux aux Etats-Unis, ils seraient les cerveaux de la tentative de coup d’Etat. Ils auraient mobilisé les ressources et la logistique et recruté le personnel.
Une seule faille dans leur stratégie ? La surestimation du désamour entre le président gambien et son armée. Pensant que les troupes loyales n’attendaient que la bonne occasion pour lâcher leur mentor, ils n’auraient pas particulièrement réuni grand monde. Leur surprise fut grande de constater que l’armée gambienne est dans son écrasante majorité ‘’soudée’’ à son chef.
Cette surprise est toutefois moindre par rapport à celle que l’attitude américaine inspire aujourd’hui. Convaincu qu’ils seraient applaudis pour ce geste osé, Papa Faal et Cherno Njie, réussissent à s’enfuir pour les USA, mais là, en lieu de la médaille qu’ils espéraient, ils sont aussitôt mis aux arrêts et inculpé pour « avoir comploté pour renverser dans la violence un gouvernement étranger, en violation de la loi américaine », ils risquent jusqu’à 25 ans de prison.
Naturellement, leur sort est moins préoccupant que celui qui risque de s’abattre sur leurs complices restés au Gambie. N’empêche que cette attitude américaine est quelque peu incompréhensible. Car le pays de l’Oncle Sam a l’habitude de se réjouir de difficultés politiques affectant des dirigeants moins controversés.
Comment en effet, expliquer ce ‘’soutien indirect’’ à un dictateur aux petits souliers, au long chapelet, aux crimes nombreux et connus, aux fantasmes morbides et aux lubies inextricables ?
Comment comprendre qu’un fossoyeur de la démocratie, un tueur des libertés puisse bénéficier indirectement de la rigueur de la justice américaine ?
Mais, il en va ainsi du fonctionnement complexe de la diplomatie internationale. Voyons donc que nous réserve la suite de toute cette affaire…
Boubacar Sanso BARRY et Maria de BABIA pour GCI
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