GABON : le président Ali Bongo prête serment

Tout rondouillet, tout poupin, tout requinqué, le cheveu ras, ‘’sapé comme jamais », en queue de pie dernier cri ; Bongo est apparu au Palais du bord de mer, pour assumer la validation de son mandat présidentiel par la Cour constitutionnelle. Avec une confortable avance de plusieurs jours sur la date officielle, mais avec la bénédiction de celle-ci.

La cérémonie d’une solennelle gravité se déroule en présence de quatre chefs d’Etat africains amis: Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Faure Gnassingbé duTogo, Mahamadou Issouffou du Niger et Evaristo Carvalho de Sao Tome & Principe. La première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, veille aussi discrètement.

Fébrilité bien couvée

Le regard fureteur comme un vigile en poste, pour ne point se laisser surprendre, Ali Bongo suit tout avec une fébrilité bien couvée. Il semble repasser en mémoire, les suffrages entérinés qui le donnent « élu du peuple » avec 172.990 voix, soit 50,66% devant Jean Ping et ses 161.287 voix, soit 47,24% des votants.

Il est prié par Madame Marie-Madeleine Mborantsuo,  la présidente de la Cour constitutionnelle de « prendre place dans le fauteuil de président de la république et de chef de l’Etat. » Il jure de « consacrer toutes ses forces au bien du peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être (…) de respecter et de faire respecter la loi et l’état de droit (…) de remplir ses charges et d’être juste envers tous.» La Cour prend acte du serment et le renvoie à « ses lourdes charges.» 

Redessiner l’avenir

Ali Bongo, d’une voix ferme et assurée servie d’une éloquence vraie, même si l’opposition boude encore, poursuit : « Nous devons régler nos problèmes entre Gabonais, au Gabon Et au besoin, avec l’aide de nos frères africains.»  Il se veut à nouveau, le « père de la nation », ce rassembleur qui veut redessiner l’avenir avec le soutien du peuple, malgré les controverses pénibles d’une présidentielle chaotique. Il déclare sans sourciller : « Dans le cadre de la consolidation de notre démocratie, et de l’état de droit, il est plus que jamais devenu nécessaire-et vous en conviendrez avec moi- de mener une véritable réflexion devant aboutir à des réformes constitutionnelles ambitieuses et courageuses.» 

Bongo et le bingo

Une anticipation programmée, comme pour couper court au duel mortifère qui l’oppose à son rival de parent nommé Jean Ping. Bongo parait sortir le grand jeu du bingo, ce jeu de hasard «où les nombres tirés sont annoncés les uns à la suite des autres. Les joueurs, de leurs côtés, notent ceux-ci sur des cartes spécialement prévues à cet effet. Le premier joueur à obtenir un schéma précis sur l'une de ces cartes est gagnant. Il crie alors «Bingo !»  Mais Ali veut rester toujours bon joueur, il clôt donc son adresse de la prestation de serment par cet appel solennel : «Le pays a besoin de tous ses enfants et de toutes compétences ». 

Maria de BABIA pour GCI

© GuineeConakry.Info

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