
Les observateurs s’accordent pour affirmer en ce 15ème anniversaire, et particulièrement à l’occasion de ce forum, que cette grande fenêtre économique ouverte au continent africain, n’a point connu le grand air que souhaitaient ses initiateurs mêmes. Les produits miniers dament ainsi le pion de loin aux exportations agricoles. Seul le textile se tire d’affaire. C’est surtout les pays anglophones et lusophones qui se montrent plus proactifs, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Angola.
Trade not Aid
Selon, Peter Henry Barlerin, le directeur des affaires économiques et régionales au sein du bureau Afrique du département d'État américain, interrogé par nos confrères de Jeune Afrique : « l’Agoa aurait permis ‘’la création d’environ 300.000 emplois directs dans les pays bénéficiaires. (…)… depuis le développement de nouvelles technologies aux États-Unis pour l’exploitation du pétrole de schiste en particulier, les importations pétrolières sous l’Agoa sont en baisse et l’importation de produits non pétroliers a atteint 4,4 milliards de dollars en 2014 soit près du triple du niveau de 2001 ».
L’Agoa en cours s’achève cette année. L’on évolue donc vers une nouvelle dont les fondements devraient être posés à l’occasion de ce 14ème forum, avec quelques 1000 participants du 24 au 27 août. Des négociations seront engagées et des recommandations faites à Libreville, pour mettre très prochainement en route, une nouvelle formule. L’organisation de ce forum au Gabon, un pays qui est loin d’être un modèle démocratique, semble faire un clin d’œil au slogan de George W. Bush, ‘’Trade not aid’’. Avec la sacro-sainte loi du commerce total, quitte à sacrifier les idéaux démocratiques sur l’autel des intérêts économiques les plus évidents ou non.
L’Agoa critiquée
Savez-vous, par exemple que « les pays éligibles à l’AGOA sont désignés, après consultations entre les gouvernement américain et africains, par le président des EtatsUnis » ? En fait l’Agoa est la réponse étasunienne à la mondialisation. Elle vise la structuration des rapports avec l’Afrique subsaharienne en particulier, pour que celle-ci ne soit point à la périphérie du développement, et que ce partenariat stratégique garantisse aux USA, des sources d’approvisionnement qui équilibrent ses fondamentaux face à des concurrents au Moyen Orient ou en Europe.
Enfin, à la veille d’une nouvelle Agoa, rappelons que « certains Africains la critiquent au motif qu’elle ne profite qu’aux Américains. Ils ajoutent que les États-Unis veulent l’élargir à des pays d’autres continents, ce qui est incompatible avec son but initial et son appellation. »
Espérons que les travaux qui ont démarré permettent d’aboutir à des projets ‘’gagnant-gagnant’’.
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















