FRANÇOIS PREMIER: Le pape que l’on attendait pas

Autant l’annonce le 11 février dernier par Bénoit XVI de sa décision de quitter ses fonctions de souverain pontife, avait été une surprise, autant l’identité et l’origine de son successeur étaient, elles aussi, inattendues. En effet, c’est sans grande conviction que certains avaient prédit que pour une fois, le Pape serait non occidental. Il est vrai que, fournissant 60 des 115 cardinaux électeurs, l’Europe partait archi-favorite. Par ailleurs, l’hypothèse d’un pape en provenance du monde non occidental était d’autant plus incertaine que ce n’était jamais arrivé dans la vie de l’Eglise romaine! Mais cette longue période faite d’un certain « ostracisme » vis-à-vis des chrétiens de l’Amérique latine, de l’Asie et de l’Afrique a pris fin hier, avec l’élection de l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio. Ce qui en soi, est un signe d’une évolution certaine au sein de l’Eglise. Même si certains pensent que ce choix est des plus logiques dans la mesure où le poids démographique ... 0:12 14-3-2013

Même si certains pensent que ce choix est des plus logiques dans la mesure où le poids démographique que représente le monde non occidental dans la religion chrétienne n’autorisait plus qu’il continue à être ignoré.

Après Benoit XVI, ce sera François 1er. C’est en effet ce nom que le nouveau pape a décidé de porter. Quoique cette appellation soit elle-même une première pour un pape, c’est l’origine du nouveau souverain pontife qui concentre davantage les attentions et suscite les commentaires. En effet, l’argentin Jorge Bergoglio est le tout premier non occidental à se retrouver dans les fonctions qui sont les siennes depuis hier soir. Contrairement à l’âpre et disputé conclave qui avait abouti à l’élection de Benoit XVI, les choses sont allées plus vite cette année. Au bout de deux jours et de trois tours seulement, la fumée blanche est sortie de la cheminée de la chapelle Sixtine, provoquant tout autant la surprise que la joie chez les milliers de fidèles qui caressaient le souhait que l’attente soit la moins longue possible. Visiblement, ils ont été entendus.

Le nouveau pape ne sera donc pas Africain comme le souhaitent certains. Mais pour autant, l’Afrique ne s’offusque point. Au contraire, dans de nombreux pays du continent berceau de l’humanité, on célèbre cette première qu’on appréhende comme une véritable révolution. Désormais, tout demeure possible, y compris l’élection d’un pape nigérian, ghanéen, guinéen, etc.

En ce qui concerne François 1er, il ne devra surtout pas s’autocélébrer. Bien qu’incarnant une nouvelle ère de l’Eglise, il devra oublier son origine pour se consacrer aux nombreux défis qui l’attendent. Il devra d’autant plus y faire face que son élection est en soi un challenge. Or, les sujets et débats auxquels il pourrait être confronté sont à la fois délicats et complexes. Dans la corbeille papale, il y a: la nécessité de faire renaître le goût de la foi chrétienne dans un monde occidental de plus en plus sécularisé ; les rapports ambigus avec le monde musulman ; les nombreux scandales de pédophilie; la difficile cohabition entre des principes jugés « rigoristes » et certaines cultures locales ; etc.

L'Afrique attendra encore. Mais la boussole de l'Eglise a vu le Sud...

© Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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