
Faudrait-il voir dans le caractère durable et manifestement insoluble de la crise centrafricaine, la conséquence de partis pris de la part de certains acteurs de la communauté internationale ? Jusqu’ici, une telle idée n’avait traversé aucun esprit. Mais au regard des nuances qui sont apparues hier entre les positions française et britannique, c’est à se demander si la communauté internationale, dans sa supposée gestion de la crise centrafricaine, est motivée par des intérêts communs ?
En effet, le chef de la diplomatie anglaise, William Hague, a clairement dit se soucier des violences dont « les communautés chrétiennes sont spécialement victimes » ; tandis que de son côté, François Hollande pense que « les musulmans sont directement visés ».
De ces deux points de vue, il apparait que les deux pays n’ont pas la même lecture autour de la crise en Centrafrique. Chacun a son camp qu’il présente comme la principale victime. Inversement, on diabolise le camp supposé responsable des violences. Comment peut-on espérer amener les Centrafricains à transcender leurs différences confessionnelles, si au sein de la communauté internationale, on a des positions aussi tranchées ?
Par ailleurs, avec un tel écart dans l’approche de solution, les chances de résolution de la crise ne peuvent qu’être minimes. Parce qu’en réalité, les milices Séléka et Anti-blaka ne sont pas combattues avec la même vigueur par tous les acteurs. Si l’on s’en tient aux positions subtilement exprimées lors du mini-sommet d’hier, les Français seraient plus enclins à combattre les Anti-balaka, alors que les Anglais semblent davantage portés vers les ex-rebelles Séléka.
Les atermoiements qui affectent les actions de la communauté internationale au sujet de la crise dépendraient-ils également de ces prises de position divergentes ?
En particulier, les Anglais refuseraient-ils d’apporter leur soutien à Eufor-RCA, parce que cela reviendrait à combattre les Anti-balaka, qui demeurent le principal ennemi de l’heure ? Avec ce que les uns et les autres ont laissé transparaître, rien n’est moins sûr.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















