
Jusqu’à maintenant, le Liechtenstein, Le Liban à travers notamment la North Africa Commercial Bank, l’Allemagne via des comptes de Ziak Takiedine, le Panama et la Suisse avaient été évoqués comme des pays par lesquels les 50 millions d’euros ont transité, avant d’arriver à Nicolas Sarkozy.
Désormais, le Mali rejoint la liste. Selon les soupçons de la justice française, une partie du pactole serait passé par Bamako via les gigantesques investissements libyens sur place. La justice française s’intéresse en particulier à Cheick Amadou Bany Kanté. Ex-conseiller spécial de l’ancien président, Amadou Toumani Touré, l’homme était en effet le directeur Afrique de l’ouest de la Libya Arab African Investment Company (LAAICO). A ce titre, il supervisait les investissements du guide libyen au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Mais c’est bien sur le pays d’IBK que Mouammar Kadhafi avait véritablement jeté son dévolu. Ainsi, en 2010, les fonds libyens investis dans ce pays étaient respectivement estimés à 50 milliards de FCFA dans l’hôtellerie, 56 milliards de FCFA à l’Office du Niger, vaste projet agricole portant sur l’aménagement de 100. 000 ha et 53 milliards de FCFA au compte de la cité administrative de Bamako. Une partie des 50 millions d’euros versés à Nicolas Sarkozy pourraient donc avoir été prélevés sur ce véritable empire financier. Exécutant l’ordre venu de Bachir Saleh, à l’époque directeur de cabinet de Kadhafi et son chef hiérarchique, Bany Kanté se serait donc chargé de remettre le pactole à Sarkozy directement ou via des émissaires agissant au nom de ce dernier.
L’étau semble vraiment se resserrer donc autour de Nicolas Sarkozy, car si tout au début, on a pensé que les accusations formulées la toute première fois par Seif-el-Islam étaient dictées par la panique consécutive à l’imminence de l’attaque qui se préparait contre le régime de son père, de plus en plus les éléments du puzzle s’assemblent. Et il pourrait en ressortir que l’ancien président français a bel et bien bénéficié des largesses de Kadhafi. Il n’aurait donc rien pu faire contre la Françafrique qu’il jurait de tuer. Tout au contraire, il s’en serait copieusement servi.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















