FORUM MONDIAL DE L’EAU: Pour une approche plus concrète

Débuté le lundi 12 mars 2012 dans la ville de Marseille, le sommet mondial sur l’eau prendra fin ce samedi 17 mars. Pendant cette semaine, ce rendez-vous mondial, sixième du genre, a réuni quelques 180 pays et près de 30.000 participants. Tranchant avec les cinq précédentes éditions, le sommet de cette année ambitionne d’innover notamment en s’inscrivant dans la logique des solutions concrètes et pragmatiques. C’est du reste ce qu'annonce le thème principal: « le temps des solutions ». Et c’est dans cette logique qu’il faudrait comprendre le sens des engagements pris à la fois par le premier ministre français, François Fillon, ainsi que par celui de la coopération, Henri de Raincourt. Une nouvelle approche d’autant plus nécessaire qu’en la matière, les problèmes sont réels et les défis, de taille... 8:38 16-3-2012

Quarante millions d’euros, c’est la bagatelle que la France s’engage à débloquer en faveur de projets d'approvisionnement en eau et de l'assainissement en milieu rural en Afrique.

L’annonce a été faite par le François Fillon à l’occasion de l’ouverture du 6ème Forum mondial de l’eau à Marseille, dans le sud du pays. Pour sa part, le ministre de la coopération, Henri De Raincourt, promet une enveloppe de 12 millions d’euros en faveur du lac Tchad qui, dit-on, aurait perdu 95 % de sa superficie en moins d’un demi-siècle. Le dit sommet étant placé sous le signe du pragmatisme, Henri De Raincourt a indiqué que de ces 12 millions d’euros, 800 000 pourraient être disponibles à l’immédiat.

Bien que chacun de ces engagements soient de nature à traduire le sérieux avec lequel on voudrait prendre la question de la disponibilité et de l’accessibilité des ressources en eau, à la majeure partie des habitants de la planète, il faut néanmoins dire que ce n’est guère suffisant. En effet, bien que l’urbanisation (voire plus largement l’explosion démographique) et le changement climatique soient parmi les facteurs les plus récurrents pour expliquer la rareté et le faible accès de l’eau à plus d’un milliards d’habitants de la planète Terre, les spécialistes estiment que la question de la gouvernance et certains modes de vie sont les éléments qui pèsent le plus sur la problématique de l’accès à l’eau.

C’est ainsi que dans la partie sahélienne du continent africain, le problème ne se poserait pas en termes d’insuffisance quantitative de la ressource; mais plutôt par rapport à l’insuffisance des infrastructures susceptibles de permettre de repartir de manière plus efficiente les quantités disponibles mais inégalement localisées sur les différents espaces.

En ce qui concerne les modes de vie, c’est souvent le modèle des pays développés qui est accusé de favoriser le gaspillage de la ressource. C’est ainsi que selon certaines statistiques, Les Nord-Américains des zones résidentielles consomment en moyenne 600 litres d’eau par jour, tandis que les Européens ont une consommation quotidienne variant entre 250 et 350 litres. Tout un contraste avec les 10 à 20 litres par personne en Afrique sub-saharienne. De même, les spécialistes s’accordent à dire que c’est en Afrique sub-saharienne que les taux de satisfaction des besoins en eau sont les plus faibles, tandis que les populations qui n’ont pas accès à l’eau améliorée sont concentrées en Asie.

De tels diagnostics devraient tout d’abord permettre à ceux qui voudraient venir en aide en faveur d’un meilleur accès de l’eau aux populations à savoir cibler et orienter leur soutien. Pour que ce dernier serve réellement à résoudre les problèmes. Pour ce qui est des pays africains et leurs responsables, l’état des lieux ainsi fait doit tout naturellement appeler à retrousser les manches, en vue d’adapter au mieux les instruments et programmes de développement aux besoins réels des populations.

Appelée à connaître un intense développement industriel, l’Afrique devrait également tenir compte de la nécessité de préserver les ressources en eau à l’abri des facteurs de pollution. Dans la même veine, une attitude responsable à l’égard de la nature et de l’environnement devrait aider à maintenir un certain équilibre dans la vie de l’écosystème. Autant de précautions et de dispositions dont l’application requiert davantage de responsabilité de la part des dirigeants et plus largement des élites africaines.        

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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