
Les débats ont mis aux prises des représentants des deux principales formations politiques du pays, l’UFDG, représentée par Aliou Condé et le RPG Arc en Ciel par Amadou Damaro Camara, ainsi qu’un grand nombre de structures membres de la société civile qui ont apporté leur avis sur la question.
Le président de la CANEG Dr Koureissy Condé a, en préambule, rappelé dans son intervention que le droit de manifester est un droit constitutionnel, établi par l’article 10 de la constitution guinéenne, qui garantit donc à tout citoyen de manifester en toute liberté, dans le strict respect des dispositions légales à cet effet. Pour lui, l’enjeu du forum, c’est d’échanger sur la problématique des violences lors des manifestations publiques, notamment de l’opposition guinéenne.
Si pour Amadou Damaro Camara, manifester en Guinée est le plus souvent synonyme de violence, avec son corolaire de drames, et que cela découle aussi d’un manque d’éducation des militants des partis politiques, sans oublier que la Guinée revient de loin, marquée dans son histoire politique de violences; Aliou Condé de l’UFDG pense quant à lui que les violences qui surviennent lors des manifestations de l’opposition guinéenne, ne viennent pas forcément de l’opposition guinéenne, mais parfois des forces de sécurité qui font, selon lui, un usage disproportionné de la force. Ce qui fait que parfois, cela tourne à la répression.
Si Damaro estime que la politique devrait être prise par les différents acteurs en termes d’adversité et non d’inimité, Aliou Condé croit pour sa part que la société civile guinéenne, a un rôle central à jouer dans la prévention. A ce niveau, l’on devrait se poser, à son avis, la question qui est : pourquoi on manifeste ? Car chaque chose a une cause, estime t-il.
La gendarmerie nationale, qui dans ces cas de figures est en première ligne, qui également a pris part au débat, à travers le commandant Barry porte-parole du haut commandement, affirme que les manifestions sont difficiles à gérer en Guinée, dans la mesure où, malgré les efforts entrepris pour empêcher les débordements, il y a toujours des infiltrés qui profitent de la situation pour semer la pagaille et pousser les forces de sécurité à agir et cela tourne souvent mal.
A l’issue des débats, le président de la CANEG a annoncé la suite logique du forum, qui devrait permettre d’approfondir cette question sensible et permettre de parvenir à un juste milieu entre l’exercice d’un droit fondamental et inaliénable, garanti par la constitution et les principes auxquels devront être soumis la mise en application de cette liberté.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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