
Mais en même, tout le monde s’accorde aussi pour dire que les résultats d’une telle rencontre, ne sont pas que les grandes conclusions consignées dans un document de synthèses; il faudra surtout que l’on réussisse à passer le cap de l’intention fort louable, à la concrétisation effective des projets. De ce point de vue, la rencontre du week-end dernier aura été un premier pas de réussi. Mais un premier pas tout de même.
Le premier mérite du Forum économique réside dans le fait que les autorités guinéennes, ont conscience qu’il y a des défis et des enjeux autres que l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mieux, en faisant tenir le forum guinéen, le gouvernement semble avoir compris, qu’il ne servirait à rien de brandir à bout de bras l’effacement de la dette guinéenne par les créanciers, si une réflexion n’était pas engagée pour décider de l’utilisation des fonds qui seront libérés avec l’atteinte de l’initiative.
Par ailleurs, avec le panel des personnalités conviées, on n’a raison de croire que ce n’est pas, comme c’est souvent le cas, du "tape-à-l’œil". C’est comme si le développement économique et social du pays était, cette fois, la sincère préoccupation qui a conduit à la tenue du Forum. C’est ainsi que les différents intervenants n’ont pas eu recours à la démagogie.
Tour à tour, ils ont reconnu les performances macroéconomiques du gouvernement. Mais au même moment, ils ont indiqué que les défis à venir sont encore plus importants. A travers des exposés avisés, ils ont ainsi souligné la nécessité de la qualification des ressources humaines, en vue de les mettre en phase des enjeux qui sont ceux du développement du pays.
De même, la question de la mise à jour et de la consolidation des institutions a été mise en évidence. Dans la même logique, il a été subtilement demandé à la Guinée de trouver l’équilibre entre le contrôle que requièrent la gestion publique et la nécessité d’offrir des assurances au secteur privé.
Pour ce qui est de la question centrale et hautement stratégique de l’agriculture, Jacques Diouf, l'es-patron de la FAO, actuel coneiller du présient sénégalais aura, au cours de son intervention, démontré qu’il y faut y aller avec sérieux et muni des compétences y afférentes. Et le tout a été pragmatiquement soutenu par les témoignages et l’évocation des expériences ayant réussi notamment au Bostwana, Iles Maurices, Cap-Vert, etc. Et c'est qu'on apprendra de la bouche du président guinéen Alpha Condé, qu'il avait entrepris des démarches auprès de son homologue de Dakar, pour qu'il puisse aussi bénéficier des conseils d'expert de M. Diouf.
On peut donc dire qu’à travers ce forum, les gouvernants guinéens ont esquissé leur vision pour le pays dans le domaine économique. Mais tout n’est pas d'avoir de bonnes intentions, faut-il encore les concrétiser... Ce qui suppose, entre autres, un sens élevé de responsabilité et un leadership éclairé.
Brahim Bangoura pour GuineeConakry.info




















