
Ouf ! Pourrait souffler la diplomatie congolaise. En effet, la signature de l’accord formel d’hier est, pour elle, un motif de soulagement. Parce qu’autrement, elle est passée tout près d’un échec aussi cuisant qu’humiliant. Et c’est d’ailleurs pourquoi, elle s’est investie durant toute la journée d’hier, pour que la délégation des ex-Séléka revienne à la table de négociation.
Pour le président congolais, il fallait sauver la face à travers ne serait-ce qu’un simulacre de cérémonie de signature de l’accord. L’important n’est pas de savoir, si l’accord en question aura un quelconque impact sur le terrain. Cela ne regarde plus que les Centrafricains. Pour le Congolais, ce qui importait c’était de sortir de cet engrenage politique, la tête relativement haute.
Catherine Samba Panza et les autres Centrafricains héritent donc de ‘’la patate chaude’’. C’est comme le retour à la case-départ. Ils devront faire comme si Brazzaville n’avait pas existé. Parce que mêmes les signataires de l’accord d’hier n’y croient que du bout des doigts… Les débats du forum manquant souvent de sérénité, ils ont comme conscience d’avoir davantage répondu aux exigences d’une photo officielle. La véritable cessation des hostilités en RCA n’est que l’aboutissement d’un processus qui reste à reprendre à l’intérieur du pays.
La présidente de la Transition devra en être l’initiatrice et la coordinatrice. Pour cela, il lui faudra se montrer à la hauteur des espoirs qu’elle a incarnés lors de son investiture. Faire valoir une autorité fondée sur la confiance et l’assurance à destination de tous les acteurs, Catherine Samba Panza devra se montrer réaliste et reconnaître que le sommet de Brazzaville n’a pas produit les résultats escomptés.
Conséquemment, elle devra faire des consultations larges auprès de l’ensemble des forces vives de son pays, en vue non seulement d’identifier les principaux maux, mais aussi la démarche qui fera se réconcilier les Centrafricains. Aucun avis ne doit être négligé et toutes les entités sociopolitiques doivent compter.
Cela doit être un défi personnel aussi. Pour le relever, elle ne devra se fier qu’à l’intérêt supérieur et ultime de la nation centrafricaine. Elle devra comprendre quand, il faut faire montre d’humilité et de pardon, mais ne jamais flancher quand la fermeté est nécessaire. En agissant de la sorte, elle cessera enfin d’être le ‘’jouet’’ qu’elle a jusqu’ici été entre les mains de ses puissants voisins. Elle éprouvera alors la légitime fierté d’avoir tracé la voie de la paix et de la réconciliation pour son pays.
Transformer cet accord à l'arraché en un véritable signe d'espoir, c'est le miracle que les Centrafricains devront accomplir !
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















