
journalistes guinéens, initiée par France Guinée Coopération à la demandedes autorités guinéennes, s'est déroulée dans une ambiance quelque peu irréelle.
A la suite des manifestations durement réprimées par l'armée et le black-out instauré sur l'information, une vingtaine de journalistes de la presse écrite publique et privée se sont réunis sous l'égide du tout nouveau Club de la presse présidé par Saran Touré afin de participer à des ateliers
de déontologie, de pratique professionnelle et d'écriture journalistique.
Pour la première fois, ils pouvaient discuter de leurs difficultés à couvrir les récents évènements, faire part de leurs expériences et de leurs espérances. Ces échanges nous ont permis de cerner leurs besoins et nous ont
conforté dans la nécessité de mener à bien ce projet.
Nous abordions avec quelque inquiétude ce pays méconnu qui s'ouvre peu à peu à la démocratie, comme en témoigne la quarantaine de titres existants… mais dont une dizaine seulement paraît régulièrement, faute de moyens.
Notre objectif était de jeter les bases d'une formation destinée essentiellement aux journalistes professionnels qui ont pour la plupart d'entre eux appris leur métier « sur le tas ».
Mais face à la demande pressante du directeur de
l'Institut supérieur d'Information et de Communication (ISIC) qui a déjà signé une convention de partenariat avec l'Institut de Communication (ICOM) de Lyon 2, nous avons partagé notre temps entre nos confrères et les
étudiants de la filière « journalisme ». Nous avons également encadré une équipe de la Radio Télévision Guinéenne (RTG2), ce qui n'était pas prévu au départ.
Il ressort de ce premier contact, particulièrement enrichissant, que les journalistes guinéens sont très motivés, très demandeurs de formation, très
attentifs à tout ce qui concerne la déontologie. Très mal payés (quand ils le sont), insuffisamment équipés (bien sûr à leurs frais), ils se heurtent en outre à un problème récurrent de rétention de l'information. Ils doivent faire preuve d'indépendance mais aussi de responsabilité pour être crédibles et acquérir cette « liberté de la presse », base de toute démocratie, à laquelle ils aspirent tant.
La création d'un Club de la presse peut leur
donner l'opportunité de constituer un véritable groupe de pression face à des interlocuteurs politiques et économiques encore méfiants.
Nous avons rencontré sur place l'attaché à la Coopération de l'ambassade, Gilles Martin: il nous a confirmé que notre projet entrait dans le cadre du développement de la société civile et correspondait aux souhaits exprimés par les journalistes lors d'une concertation organisée l'automne dernier sur le thème: « place des médias dans un état de droit ». Nous pouvons
prétendre à une aide de la Coopération à condition d'avoir pour partenaires des associations ou des universités. D'où l'importance du jumelage que nous mettons en place entre les Clubs de la presse de Lyon et de Conakry, entre la section Rhône-Alpes de l'Union syndicale des journalistes sportifs de France (USJSF) et l'association des journalistes sportifs de Guinée, ainsi qu'entre l'ICOM et l'ISIC.
Christine Cognat ( ancienne journaliste du "progrès" ) et Jean-Paul Savart (présentateur du journal télévisé sur France 3)
Merci aux « sponsors » qui nous ont aidés pour cette première mission: le Crédit Agricole Centre-Est et la section Rhône-Alpes de l'USJSF.




















