
Par le passé, des campagnes similaires avaient été menées. Mais à en croire le ministre actuel de la fonction publique, Sékou Kourouma, « les différents recensements qui ont été effectués n’ont été, en réalité, qu’approximatifs sans aucune garantie d’exhaustivité. Ce qui n’a pas pu permettre une véritable mise à jour des données liées aux effectifs et un assainissement réel du fichier de gestion administrative de la Fonction publique et du fichier du solde des Finances ».
Pour sa part, le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, qui a présidé la dite cérémonie a commencé par dresser un diagnostic de la fonction publique guinéenne. Selon en effet, « Les effectifs de la Fonction publique guinéenne ont doublé pendant la dernière décennie, passant d’environ 51.000 à 106.000 fonctionnaires, soit un accroissement de 108%, a-t-il dit. Ceci a eu pour conséquence immédiate l’augmentation de la masse salariale dont le poids sur le budget national devient de plus en plus insupportable ».
Une hausse exponentielle qui se justifie, à en croire le chef du gouvernement, par les nombreux fictifs (décédés, déplacés, détachés, doublons, etc.). Poursuivant, Mohamed Saïd Fofana estime néanmoins qu’une telle situation est le reflet d’une administration relativement malade par ses structures de contrôle. « Ces insuffisances sont dues à un manque de contrôle de l’intégrité des systèmes de gestion des ressources humaines ». Et c’est pour inverser cette tendance qu’avec le soutien de la Banque mondiale, le gouvernement guinéen met en œuvre cette opération d’assainissement de la fonction publique guinéenne. A l’issue de l’opération, l’administration guinéenne devrait être d’outils de contrôle et de gestion fiable des ressources humaines.
Cependant, le succès de l’opération pourrait être affecté par une certaine complicité qui pourrait s’établir entre certains chefs-service et les cadres menacés par ce recensement. Conscient de la présence de ces risques, le chef du gouvernement a mis en garde : « Sachez que vous êtes solidairement responsables des effectifs qui seront recensés et identifiés dans vos services respectifs. En tout état de cause, le gouvernement n’hésitera pas à prendre les mesures disciplines ou pénales pour sanctionner toute fraude ou malversation avérée portée à sa connaissance ». Pourvu que les intéressés saisissent la teneur de cette mise en garde.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















