
C’est du reste ce que les artistes ayant pris part à la soirée du vendredi ont unanimement déclaré. Car, estiment-ils, bien que disposant de l’aura et de l’audience internationale qui sont les siennes, il réussit depuis neuf ans à dégager un créneau de son agenda plutôt chargé, pour offrir cette tribune dont ils peuvent se servir comme une rampe de propulsion pour une carrière mieux cotée. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’initiative est belle et est à encourager. D’autant plus que le public nombreux qui avait effectué le déplacement a, lui aussi, véritablement apprécié les prestations
Bien que l’annonce ait été faite dans un délai des plus courts, l’espace culturel « chez JMJ-MAGUY » affichait complet en cette nuit du vendredi 22 mars 2013. La renommée de Ba Cissoko décuplant la magie du bouche-à-oreille, les places étaient très tôt prises d’assaut par un public sélect et connaisseur de la chose culturelle. Avant le début effectif de la soirée, le groupe de Ba Cissoko a entretenu les spectateurs en haleine, un peu comme l’entrée devant précéder le succulent plat. Justement, ce dernier a commencé à être servi à 22 heures.
Avec à la présentation DJ Tabassy Baro, le bal des prestations a été ouvert par les Etoiles de boulbinet avec l’entrainant “Lengué”. Très applaudi par le public, le groupe à Papa Yans a enchainé par la suite avec “Kakilambé” et surtout le très engagé “contrôler”. Au-delà de ce répertoire connu du grand public, ceux qui avaient au repos de ce début de week-end pour venir prendre part à la soirée avaient l’avantage de se délecter de cette harmonieuse mélodie qui émanait magiquement d’instruments divers et variés. Ce fut ensuite à Abdoulaye Osky de prendre le relais avec une comédie musicale qui n’a laissé personne indifférent.
Prince Diabaté a lui aussi fait parler ses talents de joueur de kora et du « kamélen goni ». Lors de son passage, le temps de deux morceaux, on aurait cru qu’Ali Farka Touré avait été ressuscité. Tant la mélodie faisait penser à l’illustre artiste malien.
Comme pour dire que “Kora et Cordes” n’est pas destiné qu’à des talents confirmés, un jeune chanteur des griots de M’Badi Kouyaté a également servi deux morceaux doucereux et pleins d’enseignement. Il en est de même de Hadja Kora, une jeune artiste de la troupe Wakili. Histoire de dire que Kora et femme ne sont pas forcément incompatibles. Au titre de la musique urbaine, c’est Baba Samba qui s’est produit avec notamment son “Allah nana !”. Un refrain que le public a repris de bout en bout. Interrogé par notre rédaction après sa prestation, Baba Samba, confiant toute sa « joie », dit ne voir aucune incompatibilité entre le fait que lui de la musique urbaine puisse prendre part à un festival dédié à des instruments traditionnels. Cela relève plutôt, selon lui, de la dimension « mystique de la musique ». Mystique et sacré serait également, à l’en croire, la Kora.
Modeste et généreux, comme on le disait précédemment, Ba Cissoko n’est intervenu qu’en dernière position avec seulement deux chansons. Selon des indiscrétions, même cette brève intervention l’a été pour ne pas décevoir le public, et même avec une subtile réclamation des spectateurs se seront particulièrement déplacés pour et à cause de lui.
A la fin, de la soirée, Ba Cissoko livrant ces impressions, a confié : « Je suis vraiment très content parce que c’était un peu difficile pour moi d’organiser cette édition ». D’autant plus difficile que, selon lui, de la multitude de sponsors qui avaient promis de l’accompagner, aucun n’a honoré son engagement. Ce qui fait qu’il n’envisage pas forcément l’avenir du festival avec beaucoup d’espoir. En ce qui le concerne, il assure : « le courage et la volonté ne manquent pas ». Mais quelque réaliste, il conclut : « il est vrai qu’on ne sait jamais, au rythme où vont les choses ».
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















