
Depuis quatre ans maintenant, l'équipe de Guinée semble s'inscrire dans une dynamique de progression concrétisée par deux quarts de finale lors des deux dernières Coupes d'Afrique des Nations disputées, en 2004 en Tunisie et 2006 en Egypte. Des résultats encourageants pour une équipe en pleine reconstruction sous la houlette du technicien français Patrice Neveu.
Un grand plongeon
Trop irrégulier, le Syli National de Guinée a longtemps tapé à la porte du top dix des meilleures sélections africaines, sans jamais pour autant parvenir à l'intégrer. Avançant cahin-caha depuis 2004, la Guinée a décidé de mettre le pied sur l'accélérateur cette année, réussissant une progression de 21 places pour coller au peloton africain. Avec une 56ème position mondiale et une 11ème africaine la Guinée revient de loin et peut s'estimer heureuse et fière d'une telle prouesse.
En janvier 2004, avant le début de la CAN en Tunisie, la Guinée occupait la 102ème position mondiale, la 20ème du continent africain, classement peut-être indigne de son vrai rang, eu égard au passé de son football sur le continent. Car dans les années 70 et 80, les clubs guinéens tels que le Hafia, le Horoya et l'As Kaloum dominaient le football continental de clubs avec des joueurs talentueux comme Petit Sory ou Cherif Souleymane.
Début 2006, l'équipe réalise une performance au-dessus de celle des récents champions d'Afrique (Egypte, +15places), ou des mondialistes ivoiriens (+10 places).
Pour en arriver là, la Guinée a réussi à tourner le dos à l'amateurisme et l'improvisation qui a toujours empêché la pleine expression du talent de ses joueurs. La nomination du français Patrice Neveu, qui se décrit comme "un grand amoureux de l'Afrique" au poste de sélectionneur national est certainement la première explication de cette évolution fulgurante.
Travaillant sur le long terme, il a su en quatre ans former une équipe solide et compétitive articulée autour de trois maillons forts et expérimentés: le défenseur et capitaine Dianbobo Baldé (Celtic Glasgow), le milieu de terrain Pascal Feindouno (Saint-Etienne) et l'attaquant Fodé Mansaré (Toulouse).
Dans sa politique de renforcement de son effectif, Patrice Neveu a parcouru le Vieux Continent à la recherche du footballeur guinéen confirmé, ramenant le doyen Pablo Thiam,(VFL Wolsburg) qui s'était mis à l'écart du Syli, et le véloce globe-trotter Kaba Diawara (AC Ajaccio) à ses origines parentales.
Mais la principale réussite de Patrice Neveu reste la trouvaille d'une vague de jeunes joueurs professionnels très ambitieux à l'image de Sambegou Bangoura (Stoke), Omar Kalabane (Auxerre), Ismaël Bangoura (Le Mans), Ibrahim Bangoura (Troyes), Ibrahima Yattara (Trabzonspor), Daouda Jabi( Ajaccio), ou Kanfory Sylla (Ethnikos).
Une équipe toujours en devenir
Et ces jeunes pousses n'ont pas manqué l'occasion qui s'offrait à eux de briller aux yeux du continent. Après deux premières journées de CAN dominées par une efficace équipe tunisienne championne d'Afrique en titre, le Syli National donne un coup de frein aux Aigles de Carthage en les surclassant 3 à 0, signant du coup comme le Nigeria et le Cameroun, sa troisième victoire en autant de rencontres. Sans démériter face au Sénégal, lui aussi en plein renouveau, la Guinée tombe finalement en quart de finale dans un "jour sans".
Quelques mois auparavant, les premiers signes encourageants de cette équipe en devenir s'étaient manifestés lors du tournoi Amilcar Cabral disputé en novembre 2005 à Conakry. A cette occasion, le Syli a reconquis son statut de grand d'Afrique de l'Ouest en remportant la compétition avec une équipe essentiellement composée de joueurs évoluant dans le championnat local.
Des résultats que Patrice Neveu et son staff sont allés chercher par un travail planifié, une politique de détection et une bonne organisation, aidés en cela par l'éclosion un peu partout de jeunes joueurs professionnels. La moyenne d'âge actuelle des Guinéens tourne autour de 23 ans, ce qui en fait une équipe encore en devenir avec une grande marge de progression. Un capital expérience qu'elle devra engranger sur les pelouses d'Afrique et d'Europe.
Outre les récents résultats positifs, la Guinée doit aussi sa belle progression au Classement Mondial FIFA/Coca-Cola à la dizaine de matches amicaux joués sur le territoire français. Depuis sa nomination à la tête de la sélection guinéenne, Patrice Neveu a profité de ces rencontres pour peaufiner sa sélection, forger une équipe complémentaire, et inculquer solidarité de groupe et esprit de conquête à ses troupes.
Des qualités retrouvées au fil des nombreuses sorties guinéennes lors des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations et de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 au sein du groupe 5 de la Zone africaine. La Guinée terminera ces qualifications à la troisième place avec 17 points, 5 victoires, 2 nuls, 3 défaites, 15 buts marqués, 10 encaissés.
Insuffisant pour accéder au rendez-vous allemand, mais pour sa huitième participation à la CAN, le Syli s'est présenté avec un football collectif impressionnant, des qualités individuelles indéniables et s'est positionné comme un des futurs grands d'Afrique. Reste maintenant à confirmer ce nouveau statut dans les prochaines éditions du classement mondial.
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