
Le ministre délégué aux Guinéens de l’étranger et président de la commission d’organisation desdites festivités, Sanoussy Bantama Sow, l’avait même mentionnée au cours de sa dernière conférence de presse. Substantiellement, il avait dit ne pas s’opposer à un éventuel report. Eh bien, désormais, c’est officiel. ‘’Mamou 56’’ n’aura pas lieu le 2 octobre prochain.
L’événement est reporté au mois de décembre. Sans autre précision. Seulement, Ebola est officiellement invoqué comme raison de cette décision. Même si certains pensent que le retard des travaux en rapport avec la célébration y est également pour quelque chose.
L’allusion de Sanoussy Bantama Sow à la célébration du 56ème anniversaire de la fête nationale, était manifestement une manière de préparer l’opinion publique à accueillir la décision rendue publique ce mardi. Il est vrai qu’il n’était pas particulièrement indiqué de maintenir la fête du 2 octobre à Mamou, dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui prévaut en Guinée. Vu que l’événement aurait pu attirer des Guinéens venant des quatre coins du pays, il y avait des risques qu’il soit un facteur de propagation majeure de la maladie. Or, tout le combat concourt à éradiquer cette vilaine épidémie, pour permettre au pays de sortir du blocus et à son économie de souffler, après des mois d’agonie. Mais il n’en demeure pas moins que ce report risque bien de passer pour un indice d’une situation toujours préoccupante en Guinée. C’est un peu cela le paradoxe avec Ebola.
Il convient cependant de préciser que pour une certaine catégorie d’observateurs, le report n’est pas exclusivement dû à la maladie d’Ebola. Il y a aussi que cette petite rallonge peut aider à éviter le fiasco vers lequel on courrait. En effet, comme dans le cas de Boké et N’Zérékoré, respectivement en 2012 et 2013, les festivités à Mamou devaient être l’occasion d’inauguration d’un certain nombre d’infrastructures à caractère socioéconomique ; mais les travaux de construction ou de réhabilitation de ces infrastructures accusaient un retard criard par rapport à la date du 2 octobre. Au point que, si la date avait été maintenue, on n’aurait pas eu grand-chose à présenter. Ce qui, aux yeux de l’opinion publique, serait passé pour un échec des autorités. D’autant plus qu’elles sont d’ores et déjà, accusées d’avoir occasionné ce retard, à travers l’opacité et le clientélisme, qui auraient caractérisé l’attribution des marchés.
A un an de la tenue théorique des élections présidentielles, le pouvoir en place n’a décidément pas voulu aller au-devant d’une quelconque polémique dont il ne sortirait pas forcément renforcé. Ebola offrant une porte de sortie quelque peu acceptable, on ne s’est pas prié pour saisir cette mal(heureuse) coïncidence.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















