FETE DU TRAVAIL : Alpha Condé règle ses comptes avec les syndicalistes

Visiblement le chef de l’Etat guinéen n’a pas encore digéré le mot d’ordre de grève lancé récemment par les centrales syndicales du pays. C’est le moins qu’on puisse dire. Sur l’esplanade du Palais du peuple, ce vendredi 1er mai, après les discours des différents leaders des différents bureaux de la classe ouvrière du pays, le président Condé a clôturé les interventions avec une virulence jusque-là insoupçonnée.

Dans un discours improvisé, le président guinéen a effleuré plusieurs axes. Il a entamé son intervention en indiquant que depuis plusieurs années, la Guinée a été incapable de mener à terme le cahier de charges des institutions monétaires internationales. Le chef de l’Etat a ensuite remercié le peuple de Guinée et ses leaders syndicaux pour avoir, selon lui, cravaché dur pour obtenir le PPTE en son temps. « Je suis fier du peuple guinéen et des syndicats à cette époque, je dis bien des syndicats à cette époque, je précise à cette époque », a-t-il insisté. Pour Alpha Condé s’ils ont pu avoir le PPTE, c’est grâce aux sacrifices consentis de part et d’autre notamment par le gouvernement dont il a évalué la participation à 10%, le peuple 60% et les 30% aux syndicats.

Le président est amer face à la classe ouvrière

Il a en substance traité les leaders syndicaux par-dessus tout de ‘’menteur’’ devant l’ensemble de la classe ouvrière. « Lorsque les leaders syndicaux eux-mêmes commencent à faire la démagogie pour tromper le peuple, où on va ? », s’est-il interrogé. Revenant sur les différents discours des leaders syndicaux notamment celui du secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) Louis M’Bemba Soumah, Alpha Condé a trouvé son discours déplacé. « Il y a un autre qui s’est présenté… je ne sais pas. Amadou a parlé net et l’autre a parlé à Conakry. Sinon on ne peut pas avoir deux discours aussi contradictoires, aussi opposés », a d’emblée fustigé le chef de l’Etat. ‘’Amenez donc les entreprises que vous avez citées !’’, a-t-il lâché pour rebondir sur le constat fait par le leader syndical. Avant de rajouter que lorsqu’il venait d’être à la tête de la Guinée, il a fait appel aux syndicats afin de maintenir un dialogue permanent. « Travaillons dans la vérité, quand un syndicaliste me dit les gens souffrent, il ne sait même pas quel est le niveau de vie du Guinéen. Il ne sait pas que l’inflation était à 29% mais qu’elle est tombée à 9% », précise Alpha Condé.

« Vous me donnez un panier percé», poursuit-il, et vous voulez que je remplisse le panier d’eau… Il faut dire au peuple que le panier est percé, voilà la vérité. Il y a assez de démagogie, assez de mensonges », a-t-il martelé.

Toujours sur les leaders syndicaux, Alpha Condé a poursuivi en s’interrogeant sur le fait que ces derniers ont brusquement abandonné le  dialogue : « Ils disparaissent et c’est l’épreuve de force. Que chacun revient à la raison ».

Le gouvernement en prend pour son grade

« Où est la responsabilité du gouvernement parce que les ministres n’ont pas joué leurs rôles. Ce qui est vrai c’est la situation de la Guinée, ce sont des cadres Guinéens », dit-il.

En outre, le président de la République, visiblement populiste, avoue son manque d’expérience « Moi, j’ai le malheur de ne pas connaître les travailleurs guinéens, c’est mon frère qui connaissait les cadres guinéens. Mon malheur, c’est qu’il est décédé avant mon investiture, sinon la moitié des membres du gouvernement n’aurait pas été membre du gouvernement. Parce que lui, il connaissait les cadres guinéens », a fait remarquer Alpha Condé. Il ne savait pas qui était qui, a-t-il ajouté. Mais je commence à connaître maintenant, dit-il, mais je sais aussi être patient.

Le président se justifie sur ses propos acerbes à l’égard des uns et des autres « J’avais voulu parler autrement en ce jour du 1er mai, mais on ne doit pas capter la bataille des travailleurs pour la transformer en démagogie !», a-t-il dit.    

Ebola et justice dans la danse

Parlant de la  fièvre Ebola, le chef de l’Etat a laissé entendre avec un humour décalé que c’est la préfecture de Forécariah qui constitue le dernier obstacle pour venir à bout de l’épidémie « C’est Forécariah qui nous empoisonne, monsieur le Premier ministre vous pouvez rire, c’est votre préfecture qui nous empoisonne ».    

Le chef de l’Etat va clore son intervention, sur la question des magistrats en déclarant que ceux-ci ont étés de par le passé « les plus grands fossoyeurs de l’économie guinéenne ». A lire de près le président Condé estime que certains juges ne rendaient pas la justice comme il faut. Sur ce, il explique « Il y a des juges qui ont été révoqués, il y a des juges qui ont été rétrogradés». 

Cette célébration de la fête internationale du travail en Guinée aura surtout été une occasion pour le président guinéen de faire un discours populiste où, il s’en est pris aux leaders syndicaux et dénoncé l’irresponsabilité des cadres guinéens, y compris ceux qui composent son gouvernement. Alors que les vrais problèmes des travailleurs  restent en suspens.  

Pivi BILIVOGUI pour GCI

2015-GuineeConakry.Info 

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce