FETE DES FEMMES: Les Guinéennes veulent du concret

A l’instar de leurs consœurs à travers le monde entier, les femmes guinéennes ont célébré ce 8 mars 2011, le centenaire de la journée internationale des droits de la femme. Il faut rappeler que c’est en 1910, à Copenhague, au Danemark, à la faveur de la deuxième conférence de l’internationale socialiste des femmes que l’idée d’une « Journée internationale des femmes » est adoptée, sur proposition de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste d’Allemagne...

Et  depuis l’année suivante, la célébration a commencé dans certains pays de l’Europe centrale. L’esprit qui sous-tend l’idée est de consacrer une journée aux préoccupations de la gent féminine. Non seulement de mettre à profit cette journée pour célébrer et honorer tous les héros de la lutte pour l’émancipation de la femme, mais aussi faire le bilan du combat afin de se fixer de nouveaux objectifs.

Le bout du tunnel n’est certes pas pour demain, on peut cependant se féliciter de nombreux acquis. Il faut rappeler qu’au moment où l’idée de cette journée germait, les femmes n’avaient notamment pas le droit de vote. Aujourd’hui, en particuliers dans les pays occidentaux, la femme jouit au même titre que l’homme de nombreux de ses droits. Mais il n’en est pas ainsi partout. C’est ainsi que selon le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon: « Bien que le fossé entre hommes et femmes en matière d’éducation se comble, il existe des écarts importants entre les pays et à l’intérieur des pays ».

Poursuivant, il semble regretter le déficit de formation pesant sur les femmes et les filles. Il flétrit aussi toutes les formes  de violences dont les femmes sont victimes en de nombreux endroits de la planète. En particulier les violences sexuelles qui sont de plus en plus récurrentes dans les situations de conflit.

Mais la nouvelle tendance dans le combat que mènent les femmes semble être le combat en faveur de la libération et l’expression de leurs compétences. C’est comme si elles en avaient marre de continuer à « prier » pour avoir leurs droits. Désormais, elles voudraient imposer la reconnaissance de leurs droits en apportant la preuve de leurs compétences et potentialités. En tout cas, cette journée 2011 porte sur le thème: « Il est temps de libérer le potentiel des femmes ». Plus qu’un slogan, cette phrase est l’expression même des nouvelles ambitions de la couche féminine.

Les femmes voudraient au même titre que les hommes pouvoir participer à la noble entreprise qui consiste à créer des richesses et à développer des nations. Mais pour que cet idéal puisse se concrétiser, elles doivent se libérer d’un certains nombre d’obstacles tant culturels que structurels. Entre autres éléments de ces obstacles, la mortalité maternelle, la maternité non planifiée, le mariage forcé, la discrimination du point de vue de la formation, etc. Quand ces maux auront été vaincus au sein d’une société, c’est sûr que les femmes vont pouvoir pousser un ouf de soulagement.

Les Guinéennes ne sont pas cependant en décalage avec cet idéal. En effet, elles aussi ont envie de saisir l’opportunité du retour de la démocratie dans notre pays pour booster suffisamment leur combat. Comme pour dire que chez elles aussi, il s’est opéré une certaine révolution mentale, elles n’entendent plus célébrer cette journée dans une sorte de Mamaya creuse et ne débouchant sur aucun engagement concret.

Cette fois-ci, elles se montrent vraiment pragmatiques. Reçues avant-hier aux cases de belle-vue par le président de la République, elles n’ont formulé que des demandes très précises:

1- Forte représentativité des femmes dans le gouvernement ; 2- Leur nomination à des postes de responsabilité ; 3- Allocation des crédits aux femmes et 4- Leur implication dans les prises de décision.

Du côté du Pr. Alpha Condé, le message semble avoir été compris 5/5. Sur les 9 préfets qu’il a nommés dans la soirée du lundi 7 mars, il y avait une femme. Mais avant, il avait décidé de faire coiffer la délégation spéciale de la commune de Kaloum par une femme.

En ce qui concerne l’allocation des crédits, il annonce la mise à disposition au compte du Fonds de Solidarité des femmes, une somme de 20 milliards de GNF. Alors que seulement la moitié est dégagée pour la jeunesse. Pour le reste, il demande que les femmes s’organisent et qu’elles lui fassent des propositions. La balle est désormais dans leur camp.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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