FETE DE LA FEMME: Une célébration décentralisée en Guinée, entre égalité, équité et parité

En Guinée, même si les femmes constituent 51 % de la population, il est difficile de parler d'égalité de parité ou d'équité entre elles et les hommes. En réalité, au vu des obstacles qui sont de plusieurs ordres, il est permis d'affirmer que les guinéennes sont discriminées.   L'accès à l'éducation est un droit pour tous. Mais en se référant aux statistiques, l'on s'aperçoit que le taux d'alphabétisation est beaucoup plus bas chez les femmes que chez les hommes...

Au niveau de l'enseignement fondamental, le taux de scolarisation des filles reste bas par rapport à celui des garçons.

 

Le pays est donc injuste envers les femmes. Ce constat est aussi terrible qu'insensé. Simplement parce que les femmes tout au moins la moitié de l'humanité. En Guinée,malgré quelques avancées, il faut reconnaître que la femme a un statut social inférieur vis-à-vis de l'homme dans la mesure où elle n'a pas très souvent accès aux prises de décisions ou est encore confinée à des tâches de reproduction et également à des taches domestiques.

 

Cette année, le Ministère en charge de la Femme et de l'Enfant, sous la direction de Hadja Mariam Aribot, a décidé de décentraliser les festivités au niveau des écoles, des universités et autres structures associatives.

 

Du coup, la commémoration a perdu de son aspect d'engouement populaire pour se concentrer en des espaces précis. Son avantage, permettre le partage au niveau du terrain, de celles et ceux qui sont directement concernés par les changements de comportements voulus.

 

Rappelons que selon un spécialiste onusien des

questions d'inégalité entre les sexes de la région

Afrique, «'Ce qui nous frappe surtout c'est la place importante de la problématique hommes femmes dans la pauvreté. Les femmes africaines sont des agricultrices et exécutent 70% au moins, des tâches agricoles.

 

L'agriculture est de loin, la principale source

d'emplois et de revenus des pays au Sud du Sahara. Paradoxalement, une grande partie des revenus des activités économiques revient aux hommes, les femmes n'ayant pas leur mot à dire. L'Afrique devrait reconnaître que la problématique hommes femmes est une question économique et pas seulement politique et pouvoir engager des actions conséquentes.

 

A propos, la Convention relative aux Droits de la

Femme Adoptée et ouverte à la signature, à la

ratification et à l'adhésion par l'Assemblée générale dans sa résolution 34/180 du 18 décembre 1979, stipule entre autres: '' Cette Convention proclame que la discrimination à l'encontre des femmes viole les principes de l'égalité des droits et du respect de la dignité humaine, qu'elle entrave la participation des

femmes, dans les mêmes conditions que les hommes, à la vie politique, sociale, économique et culturelle de leur pays'''. L'on pouvait malheureusement constater en ce 8 mars 2006, qu'en Guinée comme ailleurs, l'on vraiment loin du compte. En fait, les questions d'égalité, de parité ou d'équité sont des concepts qui renvoient à des choix de société dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences sur les grandes avancées possibles de l'humanité.

 

Maria de Babia

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