
Les véritables enjeux qui justifient la bataille autour de la mairie de Siguiri ne viendraient pas uniquement du militantisme passé d’Aboubacar Sidiki Traoré au sein du Parti de l’unité et du progrès (PUP), de feu le général Lansana Conté. Selon notamment le député Mamadou Diawara, du Parti du travail et de la solidarité (PTS) qui est originaire de la préfecture de Siguiri et qui s’exprimait récemment sur les ondes de la radio privée, Lynx FM, les soulèvements populaires tireraient leurs origines de la mauvaise gestion des ristournes versées aux communautés locales par la Société Ashanti Gold (SAG) de Guinée et la Société minière de Dinguiraye (SMD) qui exploite le site de Léro. Selon Mamadou Diawara, avec le quota des 0,2 % reversés aux communautés locales par la SAG et les 4 % de la part de la SMD, ce sont quelques 67 milliards de GNF que certains ont été amenés à gérer ces dernières années.
De l’argent facile
Or, à l’en croire, certains se croyant tout permis, feraient de cette manne ce que bon leur semble ! La manœuvre serait de surfacturer de manière outrancière les infrastructures communautaires. C’est ainsi qu’il a donné en exemple des puits dont le coût réel n’excéderait pas 45 millions de GNF l’unité, que certains factureraient cependant entre 120 et 150 millions de GNF ! Selon lui, il y a eu au moins une centaine de duperies de ce genre. Les allégations du député du PTS ont été confirmées par un citoyen de Siguiri que notre rédaction a joint ce soir. Gardant l’anonymat, il assure que « le constat de la mauvaise gestion de ces ressources a été fait lors du Forum du Comité préfectoral pour le développement de Siguiri qui s’y serait tenu, il y a deux semaines ».
C’est ainsi qu’au-delà de l’installation du maire légalement élu, les populations de Siguiri qui soupçonnent notamment certains responsables du RPG-arc-en-ciel d’avoir ‘’pagaillé’’ dans l’argent qui aurait pu contribuer au développement de leur localité, exigeraient un audit sur la gestion des fonds. Audit au terme duquel, elles souhaiteraient que les auteurs soient effectivement sanctionnés. Par ailleurs, de l’avis de notre interlocuteur, « les populations de Siguiri seraient également contre l’inféodation de l’administration locale aux responsables locaux du RPG-arc-en-ciel. Siguiri en général et la jeunesse en particulier souhaitent que le parti ne se mêle plus des affaires administratives.»
Derrière la couverture politique
Et cela amène à se demander si Sékou Savané et consorts s’abritant derrière la couverture politique, ne bataillaient pas en réalité pour ne pas que certaines de leurs casseroles ne soient entendues ? Dans la même logique, on peut aussi s’interroger, si en réalité, les partisans d’Aboubacar Sidiki Traoré ne cherchent pas juste à placer leur homme à eux, pour qu’à leur tour, ils pompent les ressources qui reviennent de droit à la population.
Ces questions sont d’autant plus légitimes qu’on a l’impression que dans cette guerre fratricide, il n’y a pas de saint. Sur place, les choses sont si complexes que la venue du chef de l’Etat était programmée pour ce vendredi. Mais notre interlocuteur dit qu’il n’est finalement pas venu. Une situation qui pourrait, de l’avis de notre interlocuteur, s’expliquer par « le décès du caméraman particulier du président de la République dont c’était l’enterrement ce jour ».
GCI suit pour vous
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















