

Tout est parti, comme tout le monde le sait, de la sortie nocturne d'une bande de joueurs avec en tête, Pascal Feindouno le Capitaine de l'équipe nationale alors qu'ils étaient '' au vert'' en préparation de la rencontre du dimanche 4 septembre 2005, dans le cadre de la qualification de la Coupe d'Afrique de football. Ils seront de retour aux environs de 4 heures du matin.
Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'encadrement avait senti le manège et procédé à un contrôle des présences. L'absence de sept joueurs est établie à savoir: Pascal Feindouno, Fodé Mansaré, Omar Kalabane, Cissé Morlaye, Ousmane N'Gom Camara, Abdoul Karim Sylla et Alhassane Keita. L'encadrement décide de les suspendre ''pour indiscipline''.
La nouvelle sera portée à la connaissance du Président de la République. Le Général Lansana Conté entre dans une colère noire. Il appuie la mesure de la Fédération Guinéenne de football. Mais ce que les informateurs ignoraient, c'est que l'homme, qui ne badine pas avec la discipline '' au sein de la troupe'', habitude héritée de l'armée, avait décidé de mettre à jamais un terme à la participation de ces jeunes dans l'équipe nationale.
'' Les indisciplinés'' présentent des excuses à la Fédération guinéenne de football dont le Président Aboubacar Bruno Bangoura tente de rencontrer le Chef de l'Etat le mardi 30 août 2005. Le Général le met en garde: '' si tu essaies d'intervenir, tu ne seras plus à la tête de la Fédération Guinéenne de football. Ça risque même de t'éloigner de la Guinée ''. Bruno décode très vite le message et le prend très au sérieux. Lui, pourtant réputé très proche du Chef de l'Etat!
Les jeunes forment une délégation qui va rencontrer dans la soirée du même 30 août le Président de l'assemblée Nationale El Hadj Aboubacar Somparé. Ce dernier se rend au Palais des Nations où le Maître des lieux se reposait sous le fromager, qui sera transformé en ''arbre à palabres''.
Le Chef de l'Etat leur fait savoir sa décision. Il se montre intransigeant. Il aurait même entrepris de « faire porter les maillots de l'équipe à un club de l'intérieur du pays pour se présenter le dimanche au stade face au onze national du Malawi ».
Finalement, très tard dans la nuit, les interventions de la délégation de Somparé et les excuses publiques des jeunes feront que le Président de la République a accepté de '' passer l'éponge sur l'incident ''. Mais entre-temps, à l'hôtel, c'est Patrice Neveu l'entraîneur de l'équipe conseille à Pascal Feindouno de rendre le brassard de capitaine. Car '' les colères et autres mécontentements seraient plutôt destinés'' à sa personne. Chose confirmée d'ailleurs dans les cafés où il est reproché à Feindoun de '' se battre beaucoup plus pour son club de l'A.S Saint-Etienne que pour le Syli National dont il est le Capitaine pourtant''.
Et Pascal, à peine, les entretiens avec le staff technique terminé mercredi 31 août 2005, qu'il présente d'abord ses excuses à la Nation avant de lâcher la phrase jamais prononcée par un capitaine du Syli national: '' Je saisis l'occasion, franchement, pour déposer mon brassard de capitaine. Ce n'est pas une démission, c'est une décision. Je suis fatigué quoi! ''.
Les copies du règlement intérieur ont finalement été remises à chacun des joueurs du Syli national qui doit en faire un véritable code de conduite pour le bonheur des millions de supporters.
Ibrahima Sylla, RTG-Conakry.




















