EXCLUSIF GCI: Ce que Rabiatou Serah Diallo a dit à la Guinée et au monde

Monsieur le président de l'Assemblée nationale, Monsieur le Président de la Cour Supreme, Monsieur le Président du Conseil Economique et Social, Mesdames et Messieurs les ministres, Distingués représentants des Confessions réligieuses, Camarades syndicalistes de l'Intersyndicale élargie à l'ONSLG et l'UDTG, chers camarades travailleuses et travailleurs de Guinée,... Mesdames et Messieurs, au moment ou nous allons écrire une des pages historiques de la vie de notre nation...

...,je vous prie de bien vouloir observer une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes tombés sur le champ d'honneur durant les douloureux évenements qui ont endeuillé notre pays en ce mois de janvier 2007.

 

Messieurs les présidents des Institutions

Républicaines, Mesdames et Messieurs , nous voici à la fin d'un cycle de négociations qui à la

différence des autres qui l'ont précédé a été

marqué par des évènements tragiques d'une

ampleur unique en son genre dans notre pays.

 

Ces évènements qui ont vu des dizaines de nos compatriotes sinon plus tomber sous les balles d'autres Guinéens avec, pour seule faute, pour les victimes, celle d'avoir réclamé ce que notre constitution a consacré pour tout guinéen à savoir la liberté, la justice sociale, l'égalité et l'équité .

 

Ces femmes et ces hommes la plupart à la fleur de l'age ont payé de leurs vies en donnant à nous autres et à l'histoire une lecon de méditation sur ce que nous devons faire pour aujourd'hui et demain pour l'avenir de la Guinée Ils ont affronté la mort avec pour seule arme leurs mains nues et leur foi en une guinée faite de Guinéens et Guinéennes devant vivre ensemble égaux en Droits et en Devoirs.

 

Ce sacrifice supreme restera à jamais gravé dans la mémoire des travailleuses et travailleurs guinéens, mais aussi d'Afrique et d'ailleurs, car notre combat a été et est celui de la solidarité africaine et internationale ; c'est pourquoi il me revient le devoir d'exprimer au nom de tous mes camarades syndicalistes, et travailleuses et travailleurs de tous les secteurs confondus, notre reconnaissance et notre gratitude à l'endroit de toutes les bonnes volontés qui se sont mobilisées massivement en faveur

de notre noble et juste cause tant en Guinée,

qu'ailleurs pour soutenir la grève.

 

Durant les moments les plus difficiles nous n'avons pas été lachés par la population,

notamment les jeunes dont ceux de Conakry et à

l'interieur du pays qui ont protégé et défendu

la Bourse du Travail, alors qu'elle était mise à sac

par des éléments de la police et des Bérets Rouges.

 

Cette prise de position nationale, africaine et

internationale à nulle part égale est le témoignage de la justesse de notre combat qui n'a jamais cessé d'etre un combat syndical, un combat que la classe ouvrière a toujours mené depuis la période coloniale jusqu'à nos jours ; en effet comme en 1947 les syndicats, ont porté en 2007 le changement à bout le bras, soutenus par l'ensemble de la classe ouvrière et de la population ; ainsi depuis le 10 janvier 2007, le peuple s'est solidarisé avec le mouvement syndical pour dénoncer, avec force, les tares

de notre société, tares engendrées en grande partie par le non respect de l'Etat de Droit et ceux qui ont pris ce risque d'exposer notre pays

doivent en assumer les responsabilités devant

l'histoire.

 

Pour notre part, nous disons à ceux qui ont dénaturé volontairement notre combat en déformant la réalité des faits, qu'ils se sont trompés, car lutter pour la justice sociale pour le droit à l'égalité et à l'équité, pour les meilleures conditions de vie et de travail, est notre

mission et nous l'assumerons au prix de tout et

y compris celle de notre vie.

 

Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, nous allons

sceller un accord collectif marquant non pas la fin

des conflits sociaux car ceux-ci resteront toujours entre employeurs et employés, mais plutot le début d'une nouvelle ère des relations de travail en Guinée, celle qui va désormais consacrer le partenariat effectif entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs dans la définition et la mise en œuvre des politiques de dévéloppement socio-économiques de notre pays comme l'ont toujours souhaité les organisations syndicales, depuis le renouveau syndical intervenu en janvier 1987.

 

Cette participation, les travailleurs vont la faire en

redoublant d'efforts au travail pour créer

davantage de richesses. Il faut aussi la faire en

préservant l'outil de travail pour une meilleure

utilisation des ressources, mais il faut surtout

s'investir dans la lutte contre toutes les formes de gaspillage, de détournement de gabegie, bref... de malgouvernance, autant de pratiques

érigées en système qui ont détruit l'économie

nationale, favorisé les injustices sociales, appauvri les populations à tous les niveaux.

 

Cet engagement de notre part est aussi par ailleurs la réponse à l'attente de la jeunesse guinéenne, victime du manque d'emploi en dépit de nombreuses potentialités dont la Guinée est dotée , c'est pourquoi nous lancons un appel pressant au gouvernement et au patronat pour la mise en œuvre dans les meilleurs délais d'une véritable politique de promotion de l'emploi en faveur des jeunes, qui sont notre relève et qui ne demandent qu'à etre utilisés.

 

Mesdames et Messieurs, en renouvelant notre compassion et notre prière fervente pour le repos de l'ame de tous les Guinéens décédés pendant cette crise, je voudrais au nom des travailleurs et travailleuses, demander aux différents distingués présidents des

Institutions et singulièrement, à son excellence

Monsieur le Président de la République que la date du 22 Janvier de chaque année, soit désormais consacrée ''Journée Nationale de Souvenir et de Réconciliation'', en vue de renforcer les bases de l'unité nationale

et de la paix dans notre pays.

 

Mesdames et Messieurs, si notre grève a connu un succès éclatant, c'est aussi parce que les Guinéens vivant à l'extérieur ont pris faits et causes en apportant leur soutien sans réserve. Nous leur devons une reconnaissance sans limite; les memes sentiments vont à l'endroit de la communauté internationale à travers l'ONU, le BIT, l'OUSA, les organisations syndicales internationales, les syndicats d'Europe, d'Afrique,

d'Asie, les Organisations de Défense des Droits

de l'Homme, etc'

 

Enfin, permettez-moi de réserver les mots de la fin aux bonnes volontés anonymes et connues, aux autorités de l'Etat, particulièrement à son Excellence Monsieur le président de la république, à sa vaillante épouse la première Dame Madame Henriette Conte. Son engagement personnel pour la paix en Guinée, restera à jamais, un symbole pour nous travailleurs ; son époux et elle se sont investis pour la paix, nous les encourageons à persévérer dans cette voie pour assurer

davantage les acquis obtenus ; au premier ministre chef de gouvernement qui sera bientôt nommé, nous demandons le respect scrupuleux de la lettre de mission qui lui sera confiée dans la conduite de l'action gouvernementale ; il pourra toujours compter sur le soutien de la classe ouvrière guinéenne dans l'intéret de notre pays.

 

Vive la Classe Ouvrière Guinéenne!

Vive la Guinée!

Vive les travailleurs pour que vive la guinée et pour qu'on ait la paix sur cette Terre!

 

Je vous remercie!

 

Exclusif pour GuineeConakry.info

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