EXAMENS 2011: Des résultats révélateurs des défis du système

D’ici la proclamation publique et détaillée des résultats des examens de la fin d’année scolaire 2010-2011, prévue le vendredi 19 juillet, la peur et l’angoisse seront les sentiments dominants chez les élèves guinéens, mais également chez leurs parents. En effet, les chiffres portant sur ces résultats que le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’éducation civique, Ibrahima Kourouma, a présentés au chef du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana, sont tout simplement décevants. Les taux d’échec sont plus qu’élevés. De l’avis de tous, c’est une catastrophe nationale... 17:05 18-8-2011

Mais aussi élevés et déplorables que soient ces résultats, ils permettent néanmoins d'éclairer les lacunes et autres tares qui affectent le système éducatif guinéen. Désormais, chaque sait au moins qu’il y a un problème. Les élèves guinéens qui ont affronté les examens de fin d’année entre les mois de juin et de juillet derniers, peuvent même penser qu’ils sont les premiers à faire les frais du changement promis en Guinée.

En effet, au vu des pourcentages d’admis à chacun de ces examens, il n’y a pas à se réjouir. C’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi, les résultats qui seront publiés ce vendredi indiquent pour l’entrée en 7 ème Année, un taux d’admission de 30,51 %, avec 44 648 admis sur les 146 324 candidats qui avaient affronté les épreuves au mois de juin dernier. Pourtant, ce dernier taux demeure le plus élevé. Car au niveau du BEPC, sur les quelques 94.567 qui avaient effectivement composé, seulement 19 892 auront la chance d’arborer l’uniforme bleu-blanc du lycée à l’ouverture prochaine, soit 21, 3% de taux de réussite.

A ce niveau, il faudrait préciser que 7789 candidats qui s’étaient inscrits sur la liste avaient décidé de bouder la composition pratique. Il faudra y voir, entre autres raisons, l’élimination des candidatures fictives qui avaient été décelées.

En ce qui concerne le baccalauréat unique, les choses sont encore plus préoccupantes. Mais les candidats de la filière sciences expérimentales sont néanmoins ceux qui auront le plus déçu, avec un taux d’admission de 8 % sur les 10 490 ayant composé. Même si dans les sciences mathématiques, les résultats ne guère meilleurs, les taux y sont cependant deux fois supérieurs à ceux des sciences expérimentales, avec 2027 admis sur 12.934 candidats qui avaient composé.

Au niveau des sciences sociales, c’est légèrement mieux avec 28 % d’admis sur un total de 32 715 candidats qui avaient composé.

Un taux d’échec qui a surpris et qui manifestement met mal à l’aise les autorités elles-mêmes. Au point que le ministre de l’enseignement pré-universitaire a du endosser les habits d’un sensibilisateur. « Aujourd’hui, nous avons fait une évaluation du système éducatif. C’est cela le plus important. Il ne faudrait pas qu’on se leurre en donnant à la population des résultats qui ne reflètent pas le niveau. Le plus important pour nous, c’est de donner des résultats même si faibles, mais qui vont permettre d’appréhender les véritables problèmes que nous avons », déclare-t-il à propos.

De son côté, le premier ministre auquel les résultats sont présentés, visiblement gêné par le taux d’échec élevé, ne peut cacher sa déception. « Ces résultats, ne sont pas bons. Ils ne nous honorent pas, encore moins le système éducatif », assène Mohamed Saïd Fofana. Mais, très vite, se ressaisissant et prenant davantage l’ampleur du phénomène, il trouve que ces résultats doivent découler sur une « réflexion collective, inclusive pour qu’ensemble on puisse rebondir… Tout de même il a fallu ces résultats pour que chacun sache ce qui n’a pas été fait par le passé, qu’est-ce qui doit être fait pour l’avenir. Nous avons certainement accumulé des erreurs. Nous avons certainement des lacunes à tous les niveaux y compris celui du gouvernement ».

Pour sa part, doublement peiné par l’échec d’un nombre élevé de candidats et par les critiques qui s’abattent régulièrement sur son organisation, la représentante de la Fédération des parents d’élèves, Adama Sow, a juste souhaité que cette situation débouche sur une remise en cause. Tout en demandant « que les analyses ne s’arrêtent pas à la proclamation des résultats ». « Ils doivent pousser plus loin pour faire un état des lieux pour trouver les véritables causes ainsi que les solutions idoines qui s’imposent ».

Alors, ce serait bien de commencer par les préparatifs de la prochaine ouverture. Sans oublier les échéances électorales qui arrivent et qui ne seront pas sans incidences sur les résultats de l’an prochain.  A s'y méprendre.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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