EVASION A LA PRISON DE KANKAN : Les jeunes en colère…

Décidément, en Guinée, tout le monde en a marre de l’impunité dont semble bénéficier les hors-la-loi. Peu importe que l’on soit potentiellement partisans ou adversaires au pouvoir en place. Tout le monde veut que ceux qui se rendent coupables d’infractions, de délits ou encore de crimes, répondent de leurs forfaitures. C’est du moins ce message qui ressort de la journée d’émeutes que la ville de Kankan a vécue en ce mercredi 6 août. En effet, c’est après une curieuse évasion de neuf des plus grands bandits de la région, que les jeunes de Nabaya, soupçonnant des complicités administratives, se sont révoltés.

On pourrait dire que l’évasion de ces bandits représente la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En fait, entre les populations de Kankan en général et la jeunesse en particulier, et les autorités judiciaires de la région, la confiance a depuis longtemps « foutu le camp.»  Il y a deux semaines, quand certains des bandits qui se sont évadés ont été pris, beaucoup de jeunes les avaient réclamés, pour leur faire subir la justice populaire. De cette façon, ils voulaient éviter que, de quelque manière que ce soit, les malfrats puissent échapper à leur ‘’justice’’. Ils souhaitaient d’autant plus qu’ils soient jugés et condamnés que certains d’entre eux venaient d’être arrêtés, après une attaque armée à Siguiri qui s’était notamment soldée par deux blessés. D’autres encore sont de récidivistes coupeurs de route.

Malheureusement, la crainte des Kankanais s’est révélée fondée. Dans la nuit du mardi à ce mercredi, neuf des plus grands bandits qui étaient détenus à la prison centrale de Kankan, se sont fait la belle. On raconte qu’ils auraient perforé le toit de la prison pour s’offrir une « voie aérienne ». Des complicités sont d’autant plus évidentes que quelqu’un leur a filé les outils nécessaires. Et c’est pourquoi, en apprenant la nouvelle ce matin, les jeunes sont subitement entrés dans une furie noire.

Le premier réflexe fut de se diriger vers la même prison pour libérer les autres prisonniers qui, estiment-ils, n’ont pas suffisamment de relations et de ressources pour s’enfuir. A défaut de la justice, les jeunes se disent qu’il faut ‘’au moins veiller à l’instauration de l’égalité entre les prisonniers ! ‘’. De là, ils prennent la direction du gouvernorat. Bien entendu, on essaie de les raisonner en arguant notamment que les autorités avaient pris les devants en interpellant le régisseur et les gardiens de la prison. Mais pour les protestataires, ce n’est pas suffisant. Eux cherchent visiblement les très haut placés qui ont facilité cette évasion. Leur courroux est particulièrement orienté vers le procureur de la République, près le Tribunal de première instance de Kankan, Abdoulaye Sampou. Son domicile mis à sac, lui et sa famille ne doivent leur salut qu’à la prompte et énergique intervention des pensionnaires du camp Soundiata Keïta.

Globalement, la sérénité de la ville de Kankan a pâti de la sortie des jeunes. La circulation routière a été littéralement paralysée, alors que les commerces, eux, sont restés fermés. Les manifestants et les forces de l’ordre se sont affrontés une bonne partie de la journée. Les premiers recourant aux jets de pierres. Tandis que les seconds se servaient des grenades lacrymogènes.

Il est à préciser que cette manifestation intervient au moment où un autre groupe de jeunes, protestant contre la trop grande absence du courant dans leurs quartiers, paralysaient la circulation à hauteur de Hamdallaye, dans la capitale guinéenne. Deux jours plus tôt, Conakry a vécu au rythme de deux manifestations simultanées, l’une sur le tronçon Hamdallaye-Bambéto, l’autre à Gbessia. La pénurie du courant et l’insalubrité en étaient respectivement les motifs.

GCI suit pour vous.

Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info       

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