
Ce serait aller vite en besogne car, plusieurs ONG et hommes de science contestent déjà la pertinence de cette volonté politique européenne, qui sera appuyée de forces navales et aériennes dont le but sera de ‘’détruire pratiquement dans l’œuf’’ toutes les velléités migratoires, partant des côtes libyennes. Et c’est là toute la complexité de la situation.
Selon la plupart des experts, ce serait tout simplement déplacer le problème, parce que d’autres voies vont incontestablement s’ouvrir et d’autres risques peut-être plus grands seront pris par les trafiquants vendeurs de rêves et les rêveurs qui fuient la guerre, la misère ou les deux à la fois. La chercheuse Delphine Perrin avertit : « cette mesure est inadaptée à l'ampleur du problème ».
En fait, croire qu’en bombardant dans les eaux internationales des bateaux pirates, ou en cherchant à intimider ceux qui sont prêts à mourir pour atteindre l’autre rive, on aura gagné, est un pari sinon fou, mais très difficile. Ce ne sera point une sinécure. Dans le vaste océan, ces minuscules embarcations se fraieront ou créeront d’autres pistes marines pour fuir la menace et tenter l’impossible pour réussir.
Frontex s’y est déjà cassé les les dents. Et même si l’UE a triplé ses moyens avec Navfor Med, l’équation sera toujours à plusieurs inconnues. Et c’est le moment pour l’Union Africaine de se faire entendre, de dire ce qu’elle pense et de proposer d’autres réflexions, car il s’agit bien souvent de ses fils : des Erythréens, Ethiopiens, Somaliens, Sénégalais, Maghrébins et autres.
Momo SOUMAH pour GCI
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