
Une mise en cause éthique de la police
Depuis les événements de Fergusson dans l’Etat du Cleveland, où un jeune homme noir de 12 ans, Michael Brown a été abattu par un policier alors qu’il jouait avec un pistolet factice, beaucoup de bavures de ce genre impliquant la police américaine ont été enregistrées ces derniers temps. A chaque fois, la responsabilité de celle-ci avait été écartée, pour dit-on, manque de preuves mettant implicitement la responsabilité des policiers concernés en doute. Cette fois ci, le fait que la scène ait été filmée, change la donne et pose assez d’interrogations sur les méthodes de ces agents de sécurité à la gâchette facile.
Sur la vidéo, il est évident qu’à aucun moment de la tentative d’interpellation l’homme n’a mis en danger la vie du policier nécessitant un recours à la légitime défense, or la cour suprême des États-Unis statuant sur les conditions dans lesquelles un agent de sécurité peut donner la mort à un suspect stipule que la personne en question doit : « représenter une menace de mort significative ou un risque de blessure physique sérieuse au policier ou à toute autre personne ».
Dans la même vidéo, on voit le policier, après avoir passé les menottes à l'homme par terre, ramasser un objet avant de le laisser tomber près du corps. Il pourrait s'agir d'une façon, selon des versions, de maquiller le meurtre en légitime défense. Le rapport de police qui a été rédigé par la suite, est en totale contradiction avec la vidéo authentique. Notamment en y mentionnant qu’ils ont tenté d’assister l’homme abattu par des soins de réanimation ce qui est apparemment faux.
Des pratiques suspectes
Cette tentative de maquillage du meurtre soulève également des interrogations d’éthique et de transparence. Surtout dans l’attitude des agents de police, dans leur appréciation et les méthodes outrancières concernant l’utilisation de la violence pour interpeler des suspects qui sont, a priori, dans la plupart des cas « de couleur » et relance en même temps, la transparence qui a prévalu à Fergusson, à Phoenix et pour tous les autres.
Cette nouvelle ‘’bavure policière’’, si on peut l’appeler ainsi, ravive encore de plus le clivage entre Blancs et Noirs aux États-Unis, accentué par les verdicts judiciaires rendus systématiquement en faveur des policiers, même si cette fois-ci, tel n’est pas le cas.
Pivi BILIVOGUI pour GCI
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