ESDRAS NDIKUMANA : Une distinction bien méritée

La constance, la perspicacité et le courage d’Esdras Ndikumana, ce talentueux journaliste burundais, reconnus par l'Association de la presse diplomatique en France qui lui a remis hier, un prix d’exception pour saluer ses efforts d’information objective et sa quête quotidienne de la vérité sur les réalités de son pays. Une obsession professionnelle qui fait de sa vie un exemple d’engagement et de sérieux qui le distingue dans le métier, et provoque l’admiration de ses pairs et du public.

Le Prix de la presse diplomatique francophone qui vient d’être remis à Esdras Ndikumana est la consécration de ce journaliste découvert en 2001, par Hervé Bar correspondant de l’AFP pour les Grands Lacs, à Bujumbura, alors qu’il travaillait pour la nouvelle Radio publique africaine, et qu’il flirtait avec l’agence Reuters comme pigiste.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous le pont, mais le journaliste, malgré les affres de la guerre, les violences des forces de l’ordre, les contradictions ethniques alimentées par des leaders démagogues et obnubilés par le pouvoir, Esdras est resté fidèle à sa philosophie professionnelle: « être à la hauteur, être neutre, ne pas choisir un camp contre l'autre.»

Correspondant de RFI et de l'Agence France-Presse (AFP), Esdras travaille sa plume et sa voix avec une discipline spartiate pour atteindre ses objectifs d’indépendance, de culture de contacts utiles, de rigueur personnelle et d’impartialité. Au cœur du métier de reporter, il ne calcule plus les risques qu’il prend au service d’un journalisme exigeant. Entre guerres, négociations, cessez-le-feu et reprises des hostilités, il se sacrifie sans compter pour informer l’opinion publique nationale et internationale sur le drame du peuple victime du Burundi.

C’est dans cet élan d’abnégation que le 2 août 2015, il tombera dans les filets répressifs des forces de sécurité, tandis qu’il était en plein reportage. Il sera chicoté à sang, intimidé pour le faire taire, mais il résistera. Depuis cette douloureuse séquence de sa vie, Ndikumana vit en exil au Kénya, où il avait été évacué pour traitement, avec un soutien actif de RFI.

Altruiste devant l’Eternel, en recevant son prix plus que mérité, Esdras Ndikumana, ce modeste héros, a une pensée émue pour tous ses confrères : « Je leur dédie ce prix et aussi aux collègues burundais qui, aujourd’hui traversent de très grandes difficulté ; qui ont fui le pays, un pays où il y avait un espace de liberté, qui est aujourd’hui totalement fermé.»

Cette grandeur d’âme et cette générosité professionnelle sont vraiment la ‘’photo’’ de celui qui signe toujours ses papiers avec cette intonation si personnelle : « Estras Ndikumana, RFI ! » Courage, cher confrère ! Et bravo !

Maria de BABIA  pour GCI

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