
M’Mahawa Soumah, mère de 8 enfants, raconte les épreuves traversées : «Ebola nous a trouvé en pleine activité agricole. Nous cultivions des tomates, du piment, des pastèques, de l’ananas, du concombre, de l’aubergine, du riz et de l’arachide. Et toutes les fois que nous allions aux champs, nous étions tout de suite rappelées au village par une annonce de contamination ou de décès par suite d’Ebola. Il nous fallait donc faire un choix, soit aller aux champs, ou soit faire face à la crise sanitaire. Nous avions, contre notre gré, fini par abandonner nos champs pour nous occuper de notre survie. De plus, nous avions surtout souffert de la stigmatisation des autres populations. Personne n’osait acheter des produits en provenance de notre village. Ce qui a provoqué leur pourrissement. Sans compter que nous étions devenus les malaimées de tous, à tel point que le jour de la fête de Tabaski, les gens nous ont fui à la Mosquée de la sous-préfecture. C’était vraiment trop difficile pour nous».
Depuis le 30 avril 2015, aucun cas de maladie à virus Ebola (MVE) n’a été recensé à Gnoungouya. C’est avec soulagement que les populations ont pu reprendre leurs activités habituelles, dont celles agricoles, grâce à l’action concertée du gouvernement guinéen, de la Banque Mondiale (BM) et de la FAO, rassure-t-on.
Dans ce cadre, 1.529 agriculteurs de la préfecture de Kindia reçoivent actuellement un appui pour leurs activités agricoles, dont 44 à Gnoungouya. Parmi eux, M’Mahawa Soumah, agricultrice et Soriba Camara, Imam de la moquée du village, cultivent de nouveau leurs champ grâce aux semences de maïs, aux fertilisants et aux petits matériels agricoles qui leur ont été remis.
«Ce geste est un véritable soulagement, d’abord pour nous et ensuite pour toutes les populations guinéennes. En ce sens que ces intrants ne serviront pas aux seules populations de Gnoungouya. Les retombées iront bien au delà. Nous cultivons, mais chacun bénéficie des récoltes. C’est donc tout le monde qui se partage le bénéfice», a-t-elle déclaré. Avis partagé par Soriba : «Cette aide vient à point nommé. Car, à cause d’Ebola, nous avions tout perdu : nos champs, nos produits, nos commerces et surtout nos proches les plus chers. Avec ces semences et ces outils, il nous sera possible de rattraper peut être les pertes en terme de production et de vente de nos produits agricoles. Nous sommes satisfaits et c’est pourquoi nous remercions les donateurs et nous leur exhortons à faire plus».
Des kits agricoles dont des semences de riz et de légumes ont également été fournis aux agriculteurs du district. La FAO et ses partenaires procéderont, dans les prochaines semaines, à la distribution de motos-pompes, de décortiqueuses et d’étuveuses de riz, ainsi que d’autres matériels agricoles qui permettront de renforcer la production agricole. La distribution de petits ruminants et l’assistance en matière d’aviculture sont également prévues. En parallèle, la campagne de sensibilisation des populations contre la MVE se poursuit dans les zones concernées par le projet.
Source : FAO/AGP




















