
Au jour d’aujourd’hui, le constat est plus qu’amer, il est catastrophique, à en croire les explications du ministre. La societe Electricité de Guinée (EDG), la société chargée de donner du courant à la population guinéenne, est totalement au bord du gouffre.
Elle est endettée jusqu’au cou. Plus de cent cinquante milliards de franc guinéens (150.000.000.000 Gnf) à l’Etat Guinéen, et plus de quatre vingt millions de dollars (80.000.000 U$), qui se repartissent comme suit: «L’EDG reste devoir près de 100 milliards de francs guinéens à l’administration fiscale à cause du non paiement des impôts et RTS ; près de 17 milliards de francs guinéens dûs à la CNSS au titre des cotisations patronales des travailleurs. EDG doit également à l’administration douanière, 34 milliards de francs guinéens au titre des sorties provisoires non régularisées ; sans compter de nombreux prêts à rembourser aux bailleurs qui se chiffrent à plus de 80 millions de dollars U$. »
Malheureusement, cet état de fait est imputable selon toujours le ministre, aux Guinéennes et Guinéens, à travers des pratiques caractérisées par la mauvaise gestion et la corruption: « tout cela est la conséquence de pratiques et de comportements néfastes, tels que, la mauvaise gestion, la fraude généralisée et le non payement des factures par les clients…mais aussi, la vente du kW/heure à seulement 90 Gnf, au lieu de 700 Gnf… », déplore le ministre.
Sur ce, au regard de ce douloureux constat, l’héritage de l’EDG, notre héritage à tous, pèse énormément lourd. En ce sens que, la demande d’électricité s’accroit alors que, la production est en baisse, les équipements sont vétustes ; la quantité de courant électrique produite est faible, alors que le coût de production est très élevé par rapport au prix de vente.
A savoir qu’en Guinée, la production de l’électricité est assurée par des Centrales thermiques installés à Tombo ; des Centrales hydrauliques que sont: Grandes chutes, Donkéyah, Banéah (Kindia), Garafiri (Mamou), Kinkon (Pita), Tinkisso (Dabola), Loffa (Macenta), Samankou (Télimélé) ; des générateurs installés dans certaines préfectures. Le hic dans tout çà, avec une capacité d’installation totale d’environ 200 MW, toutes ces centrales ne produisent qu’environ 48 MW. Cependant, selon le ministre, le besoin énergétique seulement pour la capitale Conakry de nos jours, est dans l’ordre de 200 MW. C’est tout dire que les Guinéens ne sont pas encore au bout du tunnel.
Pour le ministre, cette situation catastrophique qui a abouti à cet état de fait criard, est due à plusieurs facteurs: « négligence et mauvais management de certains responsables de EDG ; faute d’entretien et de maintenance des équipements aggravés par un manque récurrent de pièces de rechange ; faible niveau de certains techniciens ; insuffisance d’investissements dans le secteur ; mauvaise gestion, etc. »
Ainsi, dans le seul but de donner à la population de façon durable, la fourniture de l’électricité, le ministre d’Etat de l’énergie et de l’environnement, Papa Koly Kourouma, en collaboration avec les cadres de son département, entend tout d’abord apporter un coup de balaie aux acquis, avant tout autre investissement: « en ce qui concerne mon département, le changement attendu dans ce secteur, passera nécessairement par une restructuration profonde de l’EDG, la réhabilitation de l’existant en vue d’optimiser la productivité, la lutte contre la fraude sous toutes ses formes, la qualification des prestation, l’accroissement des investissements dans le secteur et l’engagement citoyen », comme quoi, « Il n’y aura donc pas d’électricité pour tous, sans des mesures énergiques et des actions vigoureuses menées par tous », a déclaré le ministre.
Donc, vu toute la gravissime problématique liée à la desserte du courant électrique à la population guinéenne, le ministre Kourouma, dans le souci de ne pas tomber dans le piège ou faire les mêmes erreurs des précédents gouvernements dans le domaine énergétique, appelle à la patience et à l’esprit civique de la population: « dans la mise en œuvre de la politique énergétique du Gouvernement, il devient prioritaire de réhabiliter et de bien gérer l’existant, avant d’installer à moyen terme, des capacités énergétiques additionnelles…raison pour laquelle, je lance un appel à chacun et à tous, pour s’armer de patience, et encore de patience…surtout preuve de civisme et de patriotisme, pour préserver le patrimoine existant. »
Lamine Camara pour GuineeConakry.info




















