
Ce mardi matin, très tôt, des jeunes en provenance des quartiers Sans-Fil et Coronthie ont battu le pavé dans la commune de Kaloum. Leur mécontentement estt consécutif à à une pénurie prolongée du courant électrique dans le centre ville de la capitale guinéenne.
Depuis neuf jours exactement, certains quartiers du principal centre administratif et commercial de la capitale guinéenne n’ont pas eu le courant électrique. Si cela avait été dans un autre quartier de la zone communément appelée "banlieue", ça n’aurait certainement pas été un événement. Dans la mesure où dans cette seconde zone, la rareté du courant électrique est plutôt la règle. Mais quand cela arrive dans la commune de Kaloum, les populations estiment que c’est inacceptable. Elles passent alors à l'action... en "courant" et contestant partout. Et c’est ce qu’un certain nombre de jeunes ont voulu savoir en s’attaquant notamment à la centrale électrique de Tombo. Comme par r harsard, le ministre qui s'occupe de cette "affaire" passait par là, tout de suite, il a eu court-circuit!
Pendant qu’ils se rendaient maîtres des rues du quartier, Coronthie, provoquant un terrible bouchon, c’est le ministre d’Etat en charge de l’énergie et de l’environnement qui se fait remarquer en se rendant à son service. Pour les manifestants, il ne pouvait y avoir meilleure occasion. Tout de suite, Papa Koly Kourouma est débarqué de son véhicule et conduit dans une cabane à côté. C’est là une prise d’otage à la guinéenne!
Mais ici, les ravisseurs n’ont aucune préoccupation religieuse et leur rançon se résume au retour de l’électricité. Mais très vite informées, les forces de l’ordre viennent au secours du ministre et réussissent à libérer. Avec une telle audace, les populations semblent vouloir dire aux nouvelles autorités que leur patience ne sera pas éternelle et qu’elles sont attentives aux promesses qui avaient été faites dans le cadre de la campagne électorale.
En ce qui concerne le courant électrique, même après l’investiture du Pr. Alpha Condé, des promesses avaient été faites et des échéances avaient été données. Sauf que pratiquement un an après cette investiture, les ténèbres l’emportent encore sur la lumière sur la quasi-totalité de la capitale guinéenne. Ce qui est loin d’être élogieux comme bilan.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















