ELECTIONS OUGANDAISES : Un double scrutin chaotique

Impréparation. Pagaille. Chaos. C’est le moins que l’on puisse dire pour qualifier cette bancale présidentielle ougandaise. Des militants gazés par des policiers déchainés, alors qu’ils réclamaient tout simplement le droit de voter. Des bulletins incomplets ou insuffisants, des bureaux désorganisés en émeute, excusez du peu. Une situation quasi insurrectionnelle, où les forces de l’ordre et les électeurs se sont affrontés violemment.

Le double scrutin auquel les Ougandais étaient invités, devrait leur permettre d’élire les 290 parlementaires et le chef de l’Etat. Face à lui, Kizza Besigye, le leader de l’opposition représentant du Forum pour le changement démocratique (FDC), brièvement interpellé même au cours des échauffourées entre les militants, sympathisants et forces de l’ordre, particulièrement hargneuses.

Les incidents se sont ainsi multipliés au cours de la journée, provoquant la colère des populations désireuses, pour la plupart, de sanctionner le président Yoweri Musoveni et ses thuriféraires, par la voie des urnes. Les appels de la Commission électorale nationale au calme, dans ce brouhaha généralisé étaient pratiquement inaudibles. Les bureaux de vote ont ouvert en retard, avec un matériel incomplet et un personnel débordé par une affluence extraordinaire.

Devant ce déferlement populaire, les bureaux de vote de Kampala et Wakiso, par exemple, ne pouvaient fermer à temps. Mais il semble que le pouvoir en ait profité pour bourrer les urnes. Une atmosphère de suspicions réciproques, où les deux camps opposés se tiennent par la ceinture, chacun accusant l’autre de tricherie. Parmi les quinze millions d’électeurs, des frustrés, révoltés, prêts à en découdre avec l’establishment.

Le président Yoweri sera mal élu et il lui sera difficile de démontrer le contraire, tant le désordre est patent. La tension politique dans le pays est tel qu’il doit montrer les muscles pour ne pas que la situation lui échappe et le pouvoir avec. Mais ce renard politique n’est pas prêt à abandonner, ni à se laisser faire. Lui qui rêve d’un cinquième mandat, après trente ans de gouvernance aux résultats mitigés, même il est reconnu comme le pacificateur de l’Ouganda.

Pour beaucoup d’électeurs, cela, c’est de la préhistoire ! Maintenant, ils veulent écrire leur propre histoire…

Maria de BABIA pour GCI

© 2016 Guineeonakry.Info

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