
Les 36 Etats ont voté mais plus de la moitié attendent encore le verdict scrutin haletant, au coude à coude serré. Goodluck Jonathan du PDP et Muhammadu Buhari de l’APC sont loin d’être départagés, tandis que se poursuit laborieusement le décompte des bulletins devant permettre de choisir le président de la république fédérale et des députés du Nigeria. Le système informatique ayant souvent bégayé, l’on est revenu aux vertus des phalanges. Ce qui soulève toutes les suspicions du monde. Le camp Boukhari dénonce déjà des fraudes massives pouvant compromettre dangereusement la moralité des consultations populaires. Ce qui fait même craindre le pire aux prochaines élections des gouverneurs et des députés locaux qui auront lieu le 11 avril 2015.
Comment dans ces conditions, proclamer les résultats provisoires puis définitifs de ce triple scrutin (présidentiel, législatif et sénatorial) à plusieurs inconnues ? A Port Harcourt, à Kano ou à Abuja ou Lagos, la marmite sociale est en ébullition chauffée par les contradictions ethno-politico-religieuses, attisée par les ambitions personnelles des deux premiers présidentiables. Goodluck qui s’accroche visiblement et Boukhari qui croit en toutes ses chances, malgré ses 72 ans.
Ce n’est donc pas sans raison que sur les antennes des média publics, Attahiru Jega le président de l’INEC, la Commission nationale électorale indépendante a avoué : « Nous avons fait de notre mieux dans des circonstances très difficiles.» Cet homme dont l’intégrité morale est appréciée par les Nigérians, se veut rassurant malgré le dépouillement à compte-gouttes des divers et nombreux résultats.
Reste que de manière générale, les nombreux observateurs de la CEDEAO, de l’UA, de la NDI et autres, se félicitent du déroulement globalement acceptable des élections. Car le pire que l’on craignait avec les terroristes de Bubakr Shekau n’est point arrivé. L’armée a pu contenir intelligemment la secte affiliée à Daesh.
Cependant, les démons se logeant bien souvent dans les détails, des débordements intempestifs, des velléités contestataires ou des comportements ethno de nature à déstabiliser ce géant d’Afrique, sont toujours à craindre. Les crises récurrentes du Nigeria sont toujours des dégâts sociopolitiques pour l’Afrique. Elles tétanisent tous les efforts pour le combat démocratique.
C’est dans cette atmosphère volatile que le monde attend les résultats de ce vote historique.
Maria de BABIA pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















