
Les élections algériennes ne changeront pas grand-chose dans l'histoire de ce pays. Tout au contraire, une frange importante d'Algériens demeure convaincue que le risque de régression est plus élevé que les opportunités de progrès. Et c'est pourquoi, beaucoup auraient aimé que Bouteflika passe enfin la main. Surtout que le fait, pour lui d'avoir voté hier en fauteuil roulant, est une sorte de preuve qu'il est véritablement souffrant. Mais le vieux, sous l'emprise de son entourage et de la nomenklatura militaire, ne voyant pas les choses ainsi, le peuple le laisse faire les choses comme il l'entend !
Pour les Algériens, il est inutile, sinon dangereux d'aller en guerre contre les désirarata de Bouteflika. Parce que, avec le camp adverse bénéficiant de l'appui de l'armée, le combat est perdu d'avance. Sans oublier les risques de voir le pays plonger dans les ténèbres de l'instabilité politique. Or, c'est que les Algériens redoutent par-dessus tout.
Finalement, si Bouteflika l'emporte à l'issue de ces élections, ce ne sera pas parce que les Algériens l'auront élu ; ce ne sera pas non plus parce que son bilan économique, certes élogieux l'y aura aidé, mais ce sera parce que les électeurs le préfèrent aux troubles !
Cette même crainte pesant de tout son poids, les dénonciations de fraude de la part d'Ali Benflis, ont peu de chance de prospérer. Pas parce que les Algériens n'y croient pas. Au contraire, dans le contexte de désaffection actuelle entre Abdelaziz Bouteflika et ses compatriotes, ces accusations sont les plus légitimes qui soient. Mais leur donner une quelconque crédibilité déboucherait sur des contestations postélectorales aux conséquences imprévisibles. Ce dont les Algériens ne veulent absolument pas.
Cependant, ce contexte psycho-social qui milite de fait en faveur de Bouteflika ne
saurait s'éterniser. Le désamour entre les Algériens et Bouteflika ira crescendo. Quand son immobilisme progressivement absolu et son silence de plus en plus prolongé commenceront à impacter sur la marche du pays, la fronde contre sa personne sera de plus en plus sourde et manifeste.
De même, quand son entourage, se servant de sa personne et agissant en son nom, continuera à régenter le pays, le peuple se fera entendre avec éclat. Et c'est dire
que la crainte des Algériens ne pourrait qu'être différée. Attention, un printemps pointe à l’horizon !
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















