EGYPT 2006: Après la défaite, la rumeur fait sa fête

Le stoïcisme des Guinéens de Conakry aura été d'une courte durée après la dure épreuve de l'élimination qu'aura fait subir au Syli national, le onze du Sénégal.   Les commentaires de sagesse des uns et des autres laisseront vite la place aux critiques les plus acerbes. Des critiques fusant contre le coach notamment qui aura « prouvé ses limites par rapport aux changements après la mi-temps »...

D'autres ne parviennent pas à s'expliquer « pourquoi Patrice Neveu a fait sortir Pablo Thiam? ». « C'est plutôt Ismaël Bangoura qui devrait remplacer Fodé Mansaré ; et Ibrahima Yattara à la place de Pascal Feindouno »

 

« Sambégou Bangoura non plus ne devrait pas remplacer Kaba Diawara ». « Comment les attaquants du Syli n'ont pu venir à bout d'un défenseur comme Diata? »...

 

Ces commentaires sont des morceaux choisis d'une série d'autres critiques qui ont suivi le coup de sifflet final.L'une des tâches noires de cette soirée aura été l'assaut de la rue par un groupe de badauds qui n'ayant pu digérer la défaite, s'était mobilisé pour se mettre à insulter les vainqueurs du jour. Ils se dirigeront même chez le bijoutier El Hadj Ahmed Seck, Chevalier dans l'Ordre national du Mérite de la République de Guinée qui, pourtant était passé à la radio et à la télé pour sensibiliser Guinéens et Sénégalais sur l'issue du match, « car il faudra bien qu'il y ait un gagnant! ».

 

Des jeunes venus d'autres quartiers et qui rencontreront la résistance des jeunes Guinéens voisins de El hadj Ahmed Seck (ici en photo). Heureusement aussi que les autorités avaient pris des dispositions afin d'éviter tous dérapages éventuels.

 

Des forces de sécurité et de gendarmerie étaient déployées à travers la ville, notamment dans le quartier des affaires de la presqu'île Kaloum.

 

Incroyable mais vrai! Tous les événements de cette journée seront finalement des épiphénomènes au regard de ce que le pays, notamment la capitale va vivre. Tenez! Au moment où je rédige ces lignes, un appel d'amie me parvient. Et pour pour dire quoi? « Il paraît que le match a été homologué en faveur de la Guinée! ».

 

Du coup, un second appel. « Ibra, il paraît que le match est à rejouer? Que le premier but guinéen a été validé... ».

 

Le paradoxe, c'est que ces deux personnes sont loin l'une de l'autre, d'au moins une dizaine de kilomètres. La première personne est à Bonfi et la seconde du quartier de l'aéroport. Ah la rumeur! A peine que j'ai raccroché d'avec la seconde que le technicien du cybercafé Mouna Group Technology me fait part d'appels qu'il venait de recevoir au sujet du même match: « le match Sénégal-Guinée est à rejouer ».

 

On n'a pas fini de converser que des mouvements sont observés à partir de la baie vitrée du cyber. Je n'ai pas fini de coucher l'info, qu'une troisième personne m'appelle de Sangoyah, situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. La même rumeur.

 

Mon voisin du cyber un certain Sorel reçoit un coup de fil: « Le Sénégal est disqualifié, la Guinée qualifiée. Il y a des mouvements de joie ici à Sans-Fil... ».

 

Je l'écoutais encore quand un quatrième appel me parvient de Cosa, la même chose. Un instant, c'est de la SIG que me parvient un autre bruit du meme genre. Puis de Hamdallaye. La même rumeur a déjà fait le tour de la ville comme une traînée de poudre.

 

A cette interlocutrice, je dis: « ma chère, tu as fait communication ou quoi? ». Elle me répond: « Oui j'ai fait communication ». Moi: « Alors, que penses-tu de la rumeur? As-tu oublié ce qu'est la rumeur? Garde ton sang froid ». Elle se ravise. Ce n'est pas fini, c'est finalement mon rédacteur en chef adjoint du JT qui m'appelle. Un homme pourtant averti! Ma réaction est sans appel: « Comment tu peux tomber dans un tel piège? S'il y a une décision à prendre, c'est peut-être au terme de la CAN, ou à la faveur de la session de la CAF qui s'ouvre dans quelques jours... ». Sa réaction: « Ah!...tu as raison».

 

Et Mohamed Camara, Président de l'ONG '' Les Amis du Futur'', de me demander: « Le match-là, il paraît qu'il y a coup de théâtre? ». J'ai plutôt préféré entretenir le cousinage à plaisanterie avec lui. Pendant qu'il consulte sa boîte au cyber, l'ingénieur Moïse Kourouma du Ministère de l'Energie et de l'Hydraulique reçoit un coup de fil de son fils. Sa réaction est nette: « il ne faut pas réfléchir en vendeur de colas... ».

 

Le webmaster Herman Biguene aussi m'appellera pour se rassurer. Après l'entretien, la conclusion viendra de lui à l'interrogative: « C'est donc de l'intoxication quoi? ». Naturellement!

 

Et le dernier appel reçu avant que je ne boucle mon article, sera celui du conseiller juridique du Ministre des P et T Ibrahima Sory Kéita ''Mao''. Pour lui, « celui qui a lancé cette rumeur est un spécialiste de la désinformation et de l'intox. Il est vraiment fort».

Au total, j'aurai reçu 13 appels pour que je puisse ou non confirmer la NOU-VEL-LE. Eh Wotan!

 

Ibrahima Sylla RTG-Conakry pour Guineeconakry.info

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