
On pouvait en juger par les nombreuses ambrassades et accolades entre étudiants qui se retrouvaient, pour beaucoup, depuis pas moins de cinq mois.
Ils étaient là aussi rencontré ceux qui devaient faire leur entrée cette année à l'université. Eux, étaient venus à la fois en reconnaissance mais aussi pour tenter d'obtenir la moindre information sur leurs sorts.
Mamadou Saliou Sow, croisé sous le hall de l'Université Gamal Abdel Nasser de Conakry est un de ceux-là: « C'est vrai que j'ai la chair de poule, rien qu'à l'idée que je pourrai très prochainement me joindre à tout ce beau monde » confesse-t-il. Mais en même temps, il précise:« Ceci n'est qu'une hypothèse, car je ne sais pas vraiment dans quel établissement, je serais orienté ».
Ce qui est sûr par contre, c'est que tous ceux qui ont réussi leur bac seront accueillis dans les institutions d'enseignement supérieur du pays. Cette assurance a été donnée par le ministre en charge du secteur, Georges Gandhi Tounkara, en personne, dans l'adresse qu'il a faite à l'occasion de cette ouverture des classes. Il a aussi tenté de dissiper l'inquiétude des étudiants, leurs familles et les enseignants, au sujet de la possibilité de rattraper le retard accumulé suite cette ouverture tardive. A propos, il dit que « des dispositions sont prises ». Il faudrait mieux que celles-ci soient vraiment efficaces car du côté de certains étudiants, la frustration frise la colère.
Pour Mariama Bangoura, étudiante en Economie à l'université Kofi Annan, « C'est une foutaise de la part des politiciens! A cause d'eux, on a sacrificié cette année. Après, c'est seulement nous qui en pâtirons à la fin de l'année ». Pour sa camarade, Saïbatou Bah, étudiante en droit, « c'est injuste. Après avoir saboté l'année, ils vont tout de suite commencer avec ce qu'ils vont appeler "rigueur, transparence, etc. Comment voulez-vous qu'on nous parle de tout ça alors qu'on n'aura rien appris? ».
De son côté, Soriba C., étudiant en Sociologie à l'université de Sonfonia, a décidé de rester à la maison pour ce premier jour, parce que, dit-il « le premier jour, les cours ne commencent jamais ». Plus philosophe, il pense qu' « Il faut garder la tête sur les épaules. Prendre les choses telles qu'elles arrivent. La démocratie a un coup. Et si ma formation fait partie des sacrifices à consentir, je ne vais pas me plaindre. Pourvu que le sacrifice ne soit vain », prévient-il, toutefois. Il reste à savoir ce que vaudront « les dispositions » du ministre Gandhi, quand la nouvelle équipe prendra les rênes du gouvernement.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















