EDUCATION: L’école guinéenne, l’oubliée du changement?

Depuis l’investiture du Pr. Alpha Condé, le mardi 21 décembre 2011, la majorité des Guinéens entend de voir de quelle couleur sera le changement. C’est dire donc que les implications concrètes de l’avènement du président de la République au pouvoir se font encore cruellement attendre...

Au point que beaucoup commencent à se demander si cette occasion qui était perçue comme une étape historique, ne risque pas d’aller se mettre sur la longue liste des occasions manquées, que la Guinée a enregistrées au cours de son histoire.

Pourtant, il faut reconnaître que des efforts sont entrain d’être menés. Le gouvernement et le président s’activent sur plusieurs fronts. Ils ont certainement à cœur de ne pas décevoir aussi prématurément les Guinéens.

Surtout que les législatives sont en embuscade. C’est ainsi que pour ce qui est de la cherté de vie, le gouvernement vient d’importer une grande quantité de riz, qui sera vendu à un prix plus abordable que celui que proposaient les opérateurs économiques.

Des efforts similaires sont déployés pour ce qui de l’approvisionnement du marché intérieur en poisson. Parallèlement, des actions seraient en cours en vue de réduire la dégringolade de la monnaie nationale qui serait la cause de tous les maux.

Les mesures portant sur l’assainissement du fichier de la fonction publique seraient destinées, quant à elles, à permettre à la fois à l’Etat de faire des économies mais aussi de libérer de la place, que pourraient occuper les nombreux chômeurs qui attendent un hypothétique emploi.

L’opération de récupération des créances de l’Etat tendrait, pour sa part, à montrer que les choses ont effectivement changé et que, de ce fait, désormais personne n’est au-dessus des règlements et des normes. Elle peut aussi aider à renflouer les caisses de l’Etat.

D’autres efforts sont entrain d’être abattus en vue d’une sensible amélioration de la desserte en courant électrique. Et hier encore, il était question du lancement des travaux de réhabilitation du chemin de fer Conakry-Kankan.

En somme, les retombées ne sont certes pas encore perceptibles, mais de façon indéniable, des actes et des efforts sont entrain d’être posés. Mais dans cette course effrénée aux résultats, il y a un domaine qui a toutes les raisons de se penser comme oubliée : c’est l’école guinéenne.

Dans le domaine de l’éducation et de la formation, l’heure n’est pas encore venue de faire la différence entre le passé et le présent. Dans la mesure où ce sont encore les mêmes pratiques qui y demeurent.

Les défis cependant ne manquent pas. Dans son ensemble, le niveau de la formation que reçoivent les jeunes guinéens laisse à désirer.

A cette déplorable situation, plusieurs explications, tout aussi regrettables. On parle notamment du niveau des formateurs qui ne serait pas des meilleures. Plus globalement, des observateurs estiment que l’école en Guinée baigne dans une totale anarchie.

Anarchie qui favorise notamment l’émergence tous azimut des écoles et des mêmes des universités privées, sans que l’on ne sache véritablement comment elles évoluent, ni ce qu’elles enseignent.

Cette même anarchie fait que le caractère obsolète des programmes servis ne semble émouvoir personne. A l’intérieur des établissements, la discipline et la rigueur dans le travail semblent de lointains souvenirs. Du coup, les termes de compétition et d’émulation ont fui le milieu scolaire et universitaire guinéen. La réussite à un quelconque examen ne confère plus de fierté.

Les parents et les enseignants se rejettent continuellement la responsabilité. On en demande pourquoi un tel tableau ne semble pas relever des priorités du changement ?

Même si l’on apprend du chef du département de l’emploi, de l’enseignement professionnel et de la formation technique, Damantang Albert Camara, que l’organisation des Etats Généraux de l’éducation interviendrait dès que les trois ministres en charge du domaine auront harmonisé les vues.

On s’étonne juste de la relative lenteur avec laquelle la question est traitée. Ce serait une grosse erreur que de reléguer l’école guinéenne au dernier plan. Le vrai problème du pays, c’est certainement là. Même si ce n’est si évident !

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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