
Tout serait parti du souhait des services compétents de procéder à ‘’l’enterrement sécurisé’’ d’un corps suspect. Les parents de la défunte, massivement soutenus par la population, s’y opposant, ont chassé les agents de la Croix Rouge, avant de récupérer le corps pour l’enterrer. Ce après quoi, les manifestants ont laissé éclater leur colère à travers toute la ville.
« Maintenant la situation est calme », nous a confié un habitant de Forécariah. Cette accalmie serait intervenue à partir de 18 heures, avec l’entrée en action des gendarmes qui auraient notamment tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Autrement, pendant le reste de la journée, la ville aurait été caractérisée par des troubles nés de l’enterrement d’une femme décédée dans le secteur ‘’Collège’’. Son mari ayant rendu l’âme le 9 septembre dernier, son décès, hier, a paru suspect aux yeux des services sanitaires. Ne voulant prendre aucun risque, le directeur préfectoral de la Santé (DPS), Dr. Lansana K. Camara aurait notamment demandé que l’enterrement soit sécurisé. Mais présumant l’hostilité qui viendrait de la part des parents de la défunte, les services sanitaires avaient pris le soin de requérir le soutien d’un colonel de l’armée, proche de la famille, en vue de préparer cette dernière à accueillir l’équipe de la Croix Rouge.
Mais en dépit de cette précaution, les incidents redoutés se sont bien produits. Retraçant l’événement, le représentant préfectoral de la Croix Rouge, Elhadj Morlaye Soumah a déclaré : « Quand nous sommes arrivés, nous avons commencé par pulvériser la maison mortuaire. Ensuite, nous avons traité le corps et nous l’avons emballé. C’est quand nous l’avons sorti et que nous nous apprêtions à l’emporter que la pagaille a commencé ». Se sentant menacés, poursuit-il, « mes volontaires ont fui ».
Selon un autre citoyen que nous avons joint sur place, « la famille a réagi parce qu’on trainait le corps à même le sol ». Ce que ne confirme pas le responsable de la Croix Rouge. Après le départ des volontaires, les parents récupérant le corps, sont allés l’enterrer. Puis, massivement soutenus par d’autres jeunes, et armés de pierres, ils sont venus s’attaquer aux locaux de la Direction préfectorale de la Santé (DPS) où ils auraient saccagé le magasin contenant le matériel médical (eau de javel, chlore, gants, etc) acheminé pour la préfecture, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie. Ensuite, ils auraient arpenté les principales rues de la commune urbaine, en entonnant en chœur « A bas Ebola ! A bas Ebola ! A bas Ebola ! »
A 25 kilomètres de là, dans la sous-préfecture de Maférinyah, on évoque la venue prochaine d’équipes de sensibilisation qui, parallèlement, devraient désinfecter les maisons. Mais au sein de la population, avoue une citoyenne, « certains nous conseillent de ne pas laisser pulvériser les maisons et de ne pas accepter les savons qu’on nous remettra ». No comment !
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















