
Tout en restant prudents, dans le cadre d’un respect strict des consignes des spécialistes, les Guinéens n’ont vraiment pas globalement paniqué. Bien au contraire, pour des compatriotes qui refusent volontairement ou non de suivre les informations, l’évolution quotidienne de l’épidémie, tout se passe comme si de rien n’était.
Cette atmosphère de sérénité qui prévaut est la résultante du soutien unanime des pays membres de la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO et même du continent africain. Excepté, le Sénégal voisin qui, pour des raisons que seules les autorités de ce pays seront appelées fournir dans l’avenir. « Je ne sais pas pour quelles raisons le Sénégal a fermé ses frontières », s’est demandé le Président Alpha Condé en répondant à la question d’un confrère de France 24, en marge du sommet des chefs d’Etats de l’UE et de l’UA auquel il prend part actuellement à Bruxelles.
En prenant de façon unilatérale une décision aussi extrême que la fermeture de ses frontières terrestres, le Sénégal s’est mis délibérément aux antipodes du statut qui régit la CEDEAO. Et, la Guinée en collaboration avec les autres pays de la sous région devrait en tirer toutes les conséquences.
En solidarité avec les populations qui, en connaissance de cause, n’ont jamais
voulu interrompre leurs activités économiques et sociales. Mais qui, par le
biais de cette décision gouvernementale injuste ont subi, pour certains, des
pertes incommensurables.
A qui vont-ils demander des comptes, ces marchands qui ont perdu des cargaisons d’oranges, de mangues en direction du Sénégal ? Que vont faire leurs homologues qui ont perdu toutes leurs fortunes amassées au prix des décennies de labeur pour avoir été bloqués de part et d’autre des frontières terrestres du Sénégal ?
Ils trouveront sans nul doute leurs réponses au niveau des autorités sénégalaises qui n’ont pas voulu faire comme le Maroc, les Etats Unis, la France ou l’Afrique du Sud qui se sont contentés de renforcer les cordons sanitaires conformément aux consignes de l’organisation mondiale de la santé, OMS, au niveau de leurs frontières.
Si un pays voisin devait réagir face à la menace de la fièvre Ebola, c’est peut-être bien la Cote d’Ivoire ou le Mali plus proche de l’épicentre de l’épidémie situé dans les préfectures de Guéckédou, Macenta et Kissidougou.
La balle est dans le camp de la Guinée, appelée à tirer toutes les conséquences de l’acte posé par le Sénégal.
Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















