EBOLA : Les annonces tardives de N’Kosazana Dlamini Zuma

Il aura fallu que l’épidémie à virus Ebola sévisse pendant 10 mois et qu’elle fasse près de 5000 victimes, pour que la présidente de la Commission de l’Union Africaine vienne témoigner la solidarité de l’instance panafricaine aux trois principaux touchés. Avec un tel retard, les annonces que N’Kosazana Dlamini Zuma a faites hier à Freetown, ne peuvent guère susciter de l’enthousiasme. Surtout que pour l’instant, cela s’apparente davantage à un effet d’annonce, dans la mesure où aucun calendrier de déploiement des agents de santé qu’elle promet n’a été communiqué.

 En gros, à travers sa gestion plus que distante de cette crise sanitaire, la présidente de la commission de l’UA accentue le sentiment d’échec que beaucoup éprouvent vis-à-vis de son mandat actuel.

Attention aux effets d’annonce

De toute évidence, N’Kosazana Dlamini Zuma a conscience du retard avec lequel son institution intervient dans la crise sanitaire qui affecte la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria. Mais elle compte manifestement sur des annonces telles que celles qu’elle a faites hier dans la capitale sierra léonaise pour se racheter. Eh bien, c’est raté!

Peut-être bien que la supercherie aurait marché,  si elle s’y était mieux prise. Mais pour cela, il aurait fallu faire dans le pragmatisme. Ainsi, au lieu d’annoncer l’arrivée plus qu’hypothétique d’agents de santé sous la bannière de son institution, elle se serait "débrouillée" pour venir avec un "échantillon" de ces derniers. Mais en se bornant à promettre leur arrivée prochaine, qui plus est, sans aucun calendrier, son opération de reconquête était, par avance, vouée à l’échec.

Critiques inappropriées

Par ailleurs, elle aurait été mieux avisée de ne pas formuler les critiques qu’elle a émises au sujet de la stratégie qui, selon elle, privilégierait les infrastructures au détriment du personnel de santé. Sur le fond, elle n’a certes pas tort, et sa remarque ne manque de pertinence; mais ce qu’elle aurait dû savoir, c’est qu’avant elle, d’autres, comme Cuba, avaient fait le même constat. Mais à la différence de l’inefficace UA, ceux-là n’avaient pas perdu du temps dans des réunions et autres conciliabules budgétivores. Aussitôt le besoin constaté, ils avaient mis en route le personnel dont ils pouvaient disposer. MSF, CDC Atlanta, OMS et bien d’autres partenaires dont les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et la Grande Bretagne ont également dépêché du personnel pour venir aider les Guinéens, les Sierra Léonais et les Libériens.

En pareille circonstance, on se serait davantage attendu à ce que la présidente de l’UA exprime sa gratitude à tous ces partenaires, sans l’intervention desquels, la situation aurait été certainement plus dramatique qu’elle ne l’est aujourd’hui. Mais au lieu de cela, bien qu’arrivée très en retard, elle s’offre le luxe de jouer aux expertes.

L’UA et le déficit de leadership

Pourtant, le manque de solidarité dont l’instance panafricaine a fait montre à l’égard des pays touchés par l’épidémie à virus Ebola, lui, est en grande partie personnellement imputable. En effet, les dépendances économiques de l’institution n’expliquent pas tous les rendez-vous manqués. Il y est aussi et surtout question de leadership et de volonté politique. Ce dont Mme Zuma a cruellement manqué durant cette grave crise sanitaire. Excepté la réunion d’urgence qu’elle a présidée à Addis-Abeba, le 8 septembre dernier, elle n’aura pas particulièrement manifesté une préoccupation suffisante au sujet de l’épidémie.

Ainsi, on ne l’aura pas vu taper à la porte des bailleurs de fond que sa mobilisation aurait pourtant davantage convaincus. Elle n’a, non plus, rencontré ni Barack Obama, ni Christine Lagarde, encore moins François Hollande. A l’intérieur du continent aussi, elle ne s’est pas suffisamment impliquée pour que les Africains fassent front commun contre l’épidémie. Les dirigeants des principaux pays touchés ont dû faire, eux-mêmes, leurs propres plaidoyers. En voilà qui n’honore pas l’UA, aujourd’hui sous la férule de N’Kosazana Dlamini Zuma.

Blaise Compaoré encouragé

Quoi qu’une telle situation ne devrait guère étonner. Parce qu’il faut rappeler que tout récemment encore, la présidente de l’UA avait publiquement pris faits et cause pour les présidents qui caressent le rêve de faire sauter le verrou constitutionnel, pour s’offrir le pouvoir éternel. C’est d’ailleurs depuis cette sortie que Blaise Compaoré a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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