
Une situation de crise évitée de justesse entre ces deux pays qui ont en commun outre l’histoire et la géographie, l’économie et le social, et que rien ne devrait séparer. Pour preuve, si les élus locaux et populations des localités de Diaoubhé, Tambacounda et autres Madina Gounas se sont laissés emporter au début par l’enthousiasme de la décision gouvernementale, ils ont été depuis un temps les premiers à accentuer la pression sur les autorités nationales pour exiger la réouverture des frontières terrestres avec la Guinée.
Leurs activités socioéconomiques étant directement liées aux échanges avec ce pays voisin au quotidien. D’ailleurs, nombreux étaient les marchands ambulants à s’aménager des moyens appropriés pour contourner les mesures gouvernementales. Pour certains, en passant par la Guinée Bissau, si ce n’est pour violer les dispositifs sécuritaires, en complicité avec des agents corrompus jusqu’aux os.
En s’aventurant dans la fermeture des frontières terrestres avec la Guinée, le régime de Macky Sall aura pris la décision la plus controversée qui soit depuis son avènement au pouvoir. Mettant ainsi sa diplomatie à rude épreuve, avec un voisin incontournable, et soumettant ses propres populations à des difficultés économiques graves, allant dans le sens de l’augmentation de situation de précarité ambiante qui prévaut dans cette zone frontalière.
Ainsi, de nombreux Sénégalais qui vivent d’échanges entre les deux pays ont assisté depuis peu à la fonte vertigineuse de leurs épargnes.
Une des conséquences immédiates de la fermeture des frontières, a été la hausse fulgurante des prix de certaines denrées de première nécessité. Bref, le Sénégal qui, par opposition au Mali, à la Cote d’Ivoire et la Guinée Bissau, est loin de l’épicentre de l’évolution de la fièvre Ebola, a dû ouvrir ses frontières terrestres non pas pour faire du plaisir aux Guinéens, encore pour se protéger d’Ebola qui n’a pas encore été totalement maîtrisée en Guinée, mais bien pour dissiper une crise qui commençait à l’étreindre visiblement.
Cependant ce manque de solidarité des Sénégalais laisse un souvenir amer à leurs frères guinéens.
Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















