
C’est une étude menée par l’ONG Environnemental foundation for africa (EFA) et la fondation ERM en collaboration avec le PNUD. Ces ONG ont recherché la cause de 7 épidémies où le virus Ébola a été transmis à l’homme depuis son réservoir sauvage, présumé être constitué de chauves-souris. Cette présentation a été faite en présence de la ministre de l’environnement des eaux et forets ainsi que des responsables cette étude, qui couvre les pays touchés notamment la Guinée et la Sierra Leone.
La ministre de l’environnement Mme Kadiatou Ndiaye a dans son discours introductif, fait un tour d’horizon des activités de terrain qui sont actuellement menées, dans le cadre de la lutte contre la déforestation et selon elle, le constat est plus que jamais alarmant en Guinée. Elle a invité les ONG impliquées à redoubler d’ardeur dans la lutte contre la déforestation, d’autant plus que le présent rapport fait état d’un éventuel lien entre la maladie à virus Ébola et la déforestation en Afrique.
Le représentant du système des Nations unies Marek Wajnszsok a, de son côté, déclaré "que la communauté internationale se prépare à réagir plus efficacement aux futurs éclosions de la maladie à virus Ébola dès qu’elles se produiront. Mais selon lui, il y’a eu peu de discussions sur les moyens de réduire le risque d’éclosions futures avant qu’elles ne surviennent « comment mieux se préparer à de non souhaitables, mais possibles futures épidémies de la même ampleur que celle qui vient d’endeuiller les peuples de Guinée, de Sierra Léone et du Liberia ?" s’est t’il interrogé.
Il estime qu’il est prudent, voire absolument nécessaire de ne pas baisser la vigilance, parce que l’épidémie qui a duré près de deux ans est en train de s’éteindre. Sans être alarmiste, il concevable, pense-t-il, qu’elle ressurgisse un jour si les conditions naturelles qui ont prévalu à son émergence se maintiennent.
« Or, il est établi maintenant que quelques espèces de la faune vivant dans les forêts sont des réservoirs du virus Ébola. Sachant le lien qu’il y’a entre la forêt et animaux sauvages, il y a lieu de se demander si la dégradation sans précédent de ces forets qu’on enregistre ces dernières années en Guinée ne serait pas un des facteurs contribuent à la création de conditions favorables à l’émergence des zoonoses telle que l’épidémie Ébola. Selon lui, des chercheurs ont récemment travaillé à mettre cela en évidence « leurs arguments semble bien plausibles pour être pris au sérieux et nous sommes réunis ici ce matin pour les écouter » explique Mr Mark.
La synthèse de ce rapport fait état de résultats potentiellement significatifs. Des recherches effectuées sur la cause de 7 épidémies où le virus Ébola a été transmis à l’homme depuis son réservoir sauvage présumé être constitué de chauve-souris ont été faites. Une analyse des conditions de couverture forestière au moment des 7 épidémies a révélé que dans les trois cas, des changements dans le paysage dans les 30 années qui ont précédé l’épidémie, dans 6 cas sur 7 étudiés, la MVE est apparue où et quand les paramètres spécifiques à la fragmentation des forets se trouvaient dans une gamme étroite de valeurs.
De nombreuses personnes ont émis l’hypothèse que des changements de couverture végétale peuvent favoriser des éclosions de maladies infectieuses émergentes. Mais ce rapport décrit la corrélation entre des caractéristiques spécifiques des forets et des éclosions de la MVE.
Le rapport analyse ensuite la réaction des chauves-souris aux paysages fragmentés forestiers, ce qui indique que dans ces conditions, il est possible que différentes espèces de chauves-souris, autres animaux et les hommes qui ne seraient généralement pas en contact, puissent venir en contact, souvent dans des circonstances de stress où leurs défenses immunologiques pourraient être affaiblies et où les maladies se transmettraient plus facilement.
Le rapport conclut tout d’abord qu’une étude scientifique rigoureuse est absolument nécessaire pour comprendre les relations de causes à effet qui sous-tendent cette corrélation. Ensuite un groupe interdisciplinaire d’experts doit proposer des recherches futures sur la manière dont l’utilisation des terres et la fragmentation des forets influencent les maladies zoonotiques.
Les paysages africains, selon ce rapport, peuvent alors avoir favorisé la transmission du virus Ébola vers l’homme.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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