
Il y a quelques semaines, en lui consacrant une Assemblée générale extraordinaire et en mettant en place une mission spéciale en charge de l’appui et de la coordination des efforts de lutte contre l’épidémie à virus Ebola, l’Organisation des Nations unies admettait l’envergure mondiale de la maladie. Mais c’est certainement avec les premiers cas signalés, il y a quelques jours, au Texas et à Madrid qu’Américains et Européens notamment ont davantage pris conscience de leur vulnérabilité. La mobilisation de ces derniers jours n’est plus seulement dictée par la compassion éprouvée à l’égard des pauvres victimes africaines. C’est désormais une nécessité qui participe de la prévention des zones non encore touchés, mais dont on se rend compte qu’elles ne sont plus à l’abri.
Surtout qu’avec le recul, les conséquences économiques sont de plus en plus évidentes. Au point où les Assemblées annuelles des organisations de Breton Woods (FMI et BM) qui se tiennent actuellement à Washington sont largement consacrées à la question, avec notamment la participation effective des dirigeants guinéen, Alpha Condé, libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et sierra léonais, Ernest Bai Koroma.
En fait, pour les pays touchés tout d’abord, Ebola est synonyme de léthargie de l’ensemble des activités économiques : champs agricoles à l’abandon, commerce au ralenti, exploitation minière suspendue, tourisme bloqué, administration paralysée, plans d’action gelées, etc. Ce qui, pour chacun des trois principaux pays, se traduira certainement pas une baisse substantielle jusqu’à 2% de la croissance économique !
Mais il n’y a cependant pas que la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria qui en souffriront. Selon un rapport publié hier par la Banque mondiale, si la tendance actuelle n’est pas inversée, le coût pour l’économie africaine se chiffrerait à plus de 32 milliards de dollars américains ! Ce qui, naturellement, ne sera pas sans conséquence sur le monde entier. En raison du poids réel ou virtuel du continent africain dans l’économie mondiale, une crise économique qui affecterait cette partie du globe ne se limiterait surtout pas à son niveau.
Par le bais des nombreuses entreprises et institutions américaines, européennes et asiatiques évoluant sur le continent, l’effet domino inonderait très vite le monde entier. D’où la promptitude avec laquelle on semble réagir désormais. Parce qu’à défaut, entre une crise économique et une crise sociopolitique, la ligne de démarcation est des plus tenues.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















