
Voilà que la semaine en cours rompt avec cette série de mauvaises nouvelles! Avec les sorties du Sénégal et du Nigéria du ''club'' tristement célèbre des pays touchés, on peut envisager le futur avec un peu plus d’espoir. Mais au-delà des pas de danse qu’il faut esquisser pour saluer cette heureuse nouvelle, il convient surtout d’en tirer les leçons qui vaillent. Une d’entre elles, c’est que si le Sénégal et le Nigéria s’en sont sortis aussi rapidement, c’est parce que les populations et les autorités de ces deux pays ont promptement agi de concert.
Aussitôt les premiers cas signalés dans les deux pays, les autorités n’ont pas trainé les pieds. Les cas confirmés ont vite été isolés et sans aucune espèce de laxisme et de négligence. Les personnes à risque ont, elles, été retrouvées avec la plus grande diligence. Leur suivi a également été mené avec la responsabilité que requiert la menace que constitue l’épidémie. De leur côté, les populations ont facilité l’ensemble de ces mesures, dans l’intérêt supérieur des deux pays et de leurs habitants respectifs.
L’autre leçon qu’il convient de retenir des cas sénégalais et nigérian, c’est que les deux pays bénéficient d’un système de santé plus apte à faire face au danger. Dans l’un et l’autre, les compétences et les infrastructures étaient presque à la hauteur du défi. Dans les deux cas, l’administration sanitaire est également moins infestée par certaines pratiques peu orthodoxes.
Or, en Guinée, Sierra Léone et Libéria, en raison du modèle de gouvernance qui aura jalonné l’histoire de la première, et à cause des longues années de conflits que les deux seconds ont connus, les systèmes de santé sont à rebâtir. Par ailleurs, en raison d’un mur de méfiance entre les gouvernants et les populations, les consignes émises par les premiers n’entrainent pas une exécution automatique par les secondes.
On peut cependant espérer que tout le monde s’inspirant des "success stories" du Sénégal et du Nigéria, la situation puisse évoluer dans un climat plus serein. Surtout que de la part des partenaires comme l’Union européenne, on semble enfin prendre l’ampleur du problème. Hier, à l’issue d’une réunion entre les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE, le vieux continent s’engage à débloquer un demi-milliard d’euros pour venir en aide aux pays les plus touchés.
De même, Bruxelles a donné des garanties quant à l’évacuation des membres des ONG intervenant aux côtés de ses pays, quand ils sont eux-mêmes affectés. Dans la même dynamique, Barack Obama essaie du mieux qu’il peut de s’opposer à l’isolement auquel les parlementaires américains, guidés par l’opinion publique, voudraient soumettre la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria. Attitude identique de la part des autorités françaises qui, pressées de toutes parts, en vue de la suspension de la ligne aérienne entre Conakry et Paris, font de la noble résistance.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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