
Les experts de la CEDEAO réunis à Accra, dans la capitale ghanéenne, coupent la poire en deux. Unanimement, ils admettent que les autorités bissau-guinéennes, sénégalaises et ivoiriennes ont eu tort de fermer les frontières avec les pays touchés par l’épidémie. Ils pointent notamment le fait que ces mesures jugées radicales empêchent le déploiement les volontaires des ONGs qui aident dans la gestion de la maladie.
Dans certains cas, les matériels médicaux, eux non plus, ne peuvent pas être acheminés. Enfin, ils pensent que les mesures sont d’autant plus contre-productives que la fermeture des points de passage officiels contraint les populations à emprunter des voies officieuses. Ce qui fait qu’elles peuvent échapper aux contrôles.
Pour autant, les experts ne sont pas insensibles aux craintes des pays non encore touchés. Ils s’attendent ainsi de la part des pays touchés qu’ils fassent montre de toute la rigueur requise dans l’application des mesures de contrôle au niveau des points de passage. De même, à l’intérieur de ces mêmes pays, les autorités sont invitées à rigoureusement faire respecter les mesures préconisées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire que chacun des Etats a instauré.
Le sommet d’Accra a toutefois conscience que la lenteur et les failles enregistrées dans le mécanisme de gestion de l’épidémie ne sont pas fruit d’une mauvaise volonté. Il a reconnu que les pays dont il est question sont avant dépourvus de systèmes de santé efficaces et qu’ils sont besoin d’une assistance accrue et urgente.
C’est ainsi qu’un appel en faveur d’une plus grande mobilisation internationale a été réitéré. Le président ghanéen, John Dramani Mahma a en particulier, préconisé le renforcement de la solidarité entre les pays de la sous-région. Solidarité au nom de laquelle, les chaines de la stigmatisation et de l’ostracisme qui enserrent les pays touchés devraient, selon lui, être brisées.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















