
Le moins qu’on puisse dire c’est que la flambée hémorragique à virus Ebola qui sévit depuis la fin de l’année dernière en Afrique de l’ouest, est vraiment ‘’méchante’’. En effet, elle ne se contente pas de son coût humain qui se chiffre désormais à près de 3000 morts sur environ 6000 personnes affectées. Outre la main d’œuvre dont elle prive ainsi les pays touchés, elle étrangle aussi leurs économies respectives qui sont aujourd’hui littéralement à terre. Par ailleurs, dans le cadre de sa contre-attaque, elle a englouti des sommes colossales, mobilisé des énergies sans précédent et fait passer bien de priorités au second plan. Elle est même la première préoccupation sanitaire de l’histoire que l’ONU assimile à une‘’ menace pour la paix et la sécurité internationales’’. C’est dire donc qu’elle est prise très au sérieux.
Pourtant, aux yeux d’un groupe d’experts de l’OMS qui vient de publier une étude sur la question dans la revue britannique, ‘’ New England Journal of Medecine’’, ce n'est pas suffisant. A en croire les auteurs de cette étude, si le niveau actuel de riposte n’est pas amélioré de manière drastique, ce n’est plus par centaines, mais par milliers que les victimes se compteraient par semaine. Justifiant cette prévision catastrophiste par le fait que la maladie aurait atteint une troisième phase dite « explosive », ils estiment que d’ici au mois de novembre, le nombre de personnes affectées par le virus Ebola pourrait se chiffrer à 20.000. Mon Dieu !
Faisant écho à cette sombre prévision, les autorités libériennes, quant à elles, redoutent des conséquences qui pourraient replonger le pays dans la guerre civile. Si un tel lien peut sembler exagéré, il relève pourtant du possible, dans la mesure où, dans ce pays, la capacité d’accueil au sein des centres de traitement serait largement en deçà des besoins en termes de prise en charge. Beaucoup de patients seraient ainsi éconduits, parce qu’il n’y a pas suffisamment de lits pour leur prise en charge immédiate.
Or, selon les autorités, si cette tendance perdure, une révolte populaire généralisée ne serait pas à exclure. D’où un appel pressant pour permettre que le pays puisse disposer d’un minimum de 1000 lits, dans les meilleurs délais. Pendant ce temps, les Guinéens eux, plongent dans « l’ébolaphobie et l’ébolafolie », des attitudes qui pourraient compromettre dangereusement les acquis dans la « guerre contre le virus maléfique ».
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















