EBOLA EN AFRIQUE DE L’OUEST : Conakry accueille un nouveau sommet régional

La flambée à virus Ebola prenant de plus en plus des proportions inquiétantes en Afrique de l’ouest, le monde entier plonge progressivement dans la psychose. Prenant la mesure de la gravité de la situation, les dirigeants des pays jusqu’ici touchés, envisagent des mesures hardies. C’est dans ce cadre que la capitale guinéenne accueille ce vendredi un sommet réunissant les dirigeants des pays de l’espace Mano. Réunion qui sera surtout élargie à la directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Margaret Chan. L’idée étant d’explorer de nouvelles pistes pour mieux faire face à cette épidémie qui provoque un isolement progressif de la région par le monde.

Les statistiques publiées par l’OMS ce jeudi même et datant du 27 juillet font froid dans le dos. Selon l’institution onusienne de la santé, entre le 24 et le 27 juillet derniers, ce sont 122 nouveaux cas et 57 décès d’Ebola qui ont été notifiés en Guinée, Sierra Léone, Libéria et Nigéria. Ils sont répartis ainsi qu’il suit : Guinée (33 nouveaux cas et 20 décès), Sierra Léone (8 nouveaux cas et 9 décès), Libéria (80 nouveaux cas et 27 décès) et Nigéria (1 nouveau cas et 1 décès). Ces dernières statistiques font bondir le bilan d’ensemble pour le hisser à 1323 cas dont 729 décès.

Devant cette fulgurance, le Libéria et la Sierra Léone notamment, prennent le taureau par les cornes. Tout d’abord, Ellen Johnson Sirleaf et Ernest Bai Koroma mettent une croix sur leur participation au sommet de Washington. En plus, la présidente libérienne ordonne la fermeture des écoles et des marchés situés dans les zones frontalières. De même, les localités fortement suspectées ne sont plus accessibles qu’au personnel de santé. Dans la même veine, le personnel jugé non essentiel de la fonction publique est contraint à un congé obligatoire d’un mois, tandis que la journée de ce vendredi est déclarée fériée pour permettre la désinfection des bâtiments administratifs.

De son côté, le président sierra léonais, envisageant l’épidémie comme un ennemi armé voulant envahir son pays, décrète « l’Etat d’urgence ». Outre la mise en quarantaine des foyers d’Ebola, les forces de sécurité sont mises à contribution pour escorter les travailleurs sanitaires et mener des perquisitions en vue de repérer les malades présumés. A l’exception des engagements absolument essentiels, les ministres sierra léonais sont interdits de voyage. De même, hormis celles qui portent sur l’épidémie d’Ebola, les réunions publiques sont interdites, le parlement renvoyé et les travailleurs priés de rester à la maison le lundi prochain.

Ces mesures jugées draconiennes de la part des présidents de la Sierra Léone et du Libéria sont justifiées non seulement par la progression vertigineuse de l’épidémie, mais aussi par l’espèce d’isolement auquel le monde entier contraint les pays touchés par l’épidémie. Jusqu’ici, très discrètes, les restrictions de voyage sur la Guinée, la Sierra Léone, le Liberia et le Nigeria sont en effet désormais complètement assumées par bien de pays dont la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, l’Australie, la Thaïlande, etc. La RDC, les Seychelles, Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda font également ouvertement part de leur prudence.

Face à cette situation des plus préoccupantes, les responsables du Liberia et de la Sierra Léone ont jugé utile de se retrouver chez le président Alpha Condé pour qu’ils puissent discuter du sort commun qui s’acharne sur leurs trois pays. Mais à la rencontre, l’Ivoirien Alassane Ouattara aussi est convié, parce que non seulement le hasard a voulu que la Côte d’Ivoire soit membre de l’Union du fleuve Mano, mais aussi parce qu’en raison de la proximité entre les pays, il est toujours utile de prendre part à une rencontre qui discute d’un problème qui peut bien concerner le voisin ivoirien.

Pour la circonstance, la directrice de l’OMS a trouvé utile de s’associer à la rencontre. En plus du don considérable de 100 millions de dollars que son institution vient d’octroyer pour la lutte contre l’épidémie, Dr. Margaret Chan mettra l’occasion à profit pour partager des stratégies de lutte directement avec les premiers dirigeants des pays concernés. La communauté internationale jusque-là timide sur la question, commence à se bouger. Elle semble réaliser pleinement que sans les moyens financiers et la communication de proximité, la maladie pourrait encore faire de grands ravages et même atteindre de nouveaux rivages. L’occident même pourrait être menacé ; même si par ailleurs ce ne sont pas les moyens qui lui manquent, on n’est jamais assez prudent !

A ce titre, la rencontre de Conakry doit être saisie comme une opportunité partagée pour fixer de nouveaux objectifs, en vue d'endiguer l’épidémie, consolider les acquis, mutualiser les moyens de lutte et disséminer les expériences positives des uns et des autres dans la chasse au virus Ebola.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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