
Les contradictions et guerres de positionnement qui se sont manifestées bien avant le début de la conférence de Durban, sont la marque d’une certaine irresponsabilité de la part des grands de notre planète. Alors que le phénomène du changement climatique ne souffre plus d’aucune contestation et qu’on assiste à l’anéantissement progressif de sphères importantes de la Terre, certains trouvent encore l’occasion et l’audace de se livrer à certains caprices. C’est tout simplement dramatique.
A Durban, plus que de questions climatiques, il sera essentiellement question de la rivalité que se livrent nations développées et pays émergents. Déjà, les premières n’étaient pas particulièrement chaudes quant au traité de Kyoto, qui recommandait la réduction des gaz à effet de serre. Maintenant que leur suprématie est en voie d’être remise en cause par le pays émergents, on ne peut espérer qu’elles consentent à la reconduite de ce processus qui les contraindrait à moins faire tourner leurs industries.
De son côté, le groupe des nations émergentes qui ne cesse de s’étoffer, conscient de poids et de l’importance qu’il ne cesse de prendre, n’entend nullement faire un quelconque sacrifice écologique qui contribuerait à élargir davantage le fossé qui le sépare du peleton de tête. Pour lui, ce serait d’autant plus incompréhensible qu’il est aujourd’hui à deux doigts de s’installer sur le toit du monde.
Et en Afrique du Sud, le débat va être pollué par cette rivalité-là. Les pays sous-développés vont certainement offrir les discours les plus engagés et vont formuler les prières les plus attendrissantes, ils n’auront aucune chance de se faire écouter. Ils se heurteront au fait que le monde "s’économisant" de plus en plus, a cessé d’être humain. La responsabilité, le souci quant malheureux sort de l’autre, la tolérance, la grandeur d’âme, etc. sont des "denrées rares". S’enrichir et encore s’enrichir économiquement, c’est désormais la seule règle qui vaille!
Seulement, en ce qui concerne la question spécifique du changement climatique, tout le monde risque de réaliser, quand il sera trop tard que cette politique de l’Autruche aura été suicidaire. Certes, pour le moment, la menace est plus importante chez les peuples des pays pauvres. Mais les grandes calamités climatiques qui se multiplient chez les géants du monde sont le signe que c’est du destin de la planète entière dont il est question.
Karifa Keïta pour GuineeConakry.info




















